Le secteur automobile canadien est étonné des menaces des États-Unis de réviser les tarifs

Environ 95% des véhicules construits au Canada sont exportés aux États-Unis.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Environ 95% des véhicules construits au Canada sont exportés aux États-Unis.

Les observateurs canadiens de l’industrie automobile réagissent avec stupéfaction et incrédulité aux informations voulant que le président américain, Donald Trump, ait ordonné une enquête qui pourrait entraîner l’imposition de tarifs pouvant atteindre 25 % sur les importations du secteur automobile aux États-Unis.

L’idée que « le Canada puisse poser une quelconque menace à la sécurité des États-Unis est inconcevable », a dit à l’AFP Adam Austen, porte-parole de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. « Le Canada et les États-Unis ont le plus grand partenariat économique et de sécurité entre deux pays dans le monde », a-t-il insisté. Mme Freeland a elle-même qualifié d’« absurde » la proposition américaine en notant que la plupart des véhicules assemblés au Canada le sont par des filiales de constructeurs américains avec des pièces provenant des États-Unis.

Selon David Adams, président de Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada, qui représente les constructeurs automobiles japonais Honda et Toyota, ces nouvelles sont « déconcertantes » parce que ces tarifs rendraient les voitures plus dispendieuses aux États-Unis, ce qui nuirait aux consommateurs américains que M. Trump dit vouloir protéger.

M. Adams estime que les dommages causés au Canada par les tarifs varieraient en fonction de leur importance et de leur portée. Selon l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, le secteur canadien de l’automobile soutient environ 500 000 emplois directs et indirects. Environ 95 % des véhicules construits au Canada sont exportés aux États-Unis.

Industrie croisée

La professeure agrégée Sui Sui, de la Ted Rogers School of Management de l’Université Ryerson, croit que les tarifs pourraient être dévastateurs pour le Canada. Elle doute cependant que les États-Unis les acceptent parce que l’industrie nord-américaine est si étroitement croisée qu’une telle mesure nuirait aussi aux États-Unis.

La Maison-Blanche a déclaré mercredi dans un communiqué que M. Trump avait demandé au secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, de déterminer si les importations d’automobiles, y compris de camions et de pièces automobiles, menaçaient la sécurité nationale américaine. Le président a indiqué dans sa déclaration que « les industries de base telles que les automobiles et les pièces automobiles sont essentielles à notre force en tant que nation ».

M. Trump avait promis mercredi dans un tweet qu’il aurait « prochainement » de « bonnes nouvelles » pour les travailleurs américains de l’automobile, tout en reprochant au Canada et au Mexique d’être « difficiles » dans les discussions pour la renégociation de l’ALENA. Les négociations sur un nouvel Accord de libre-échange nord-américain entre les États-Unis et le Canada et le Mexique sont dans une impasse en raison de différends entourant les règles de production automobile. L’ouverture de l’enquête commerciale pourrait être perçue comme une tentative pour gagner de l’influence dans les pourparlers avec les deux voisins des États-Unis.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a indiqué que les efforts pour renégocier l’ALENA pourraient se prolonger jusqu’à l’an prochain.

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