Les négociations de convention se prolongent à la SAQ

Le dernier conflit à la SAQ remonte à 2005, quand les employés ont fait une grève de deux mois et demi avant d’accepter une nouvelle convention dans une proportion de 76%.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le dernier conflit à la SAQ remonte à 2005, quand les employés ont fait une grève de deux mois et demi avant d’accepter une nouvelle convention dans une proportion de 76%.

Entamés il y a une quinzaine de mois, les pourparlers entre la Société des alcools du Québec (SAQ) et le syndicat des employés semblent traverser un passage difficile, mais la direction affirme avoir « bon espoir » d’en arriver à une entente négociée.

Dans un message adressé aux membres mardi intitulé « Prêts à toute éventualité », le Syndicat des employés de magasins et de bureaux (SEMB-CSN) mentionne que la médiatrice a annulé une séance de pourparlers prévue mercredi, « possiblement afin de laisser les esprits se calmer ».

Le SEMB, qui représente environ 5500 employés partout au Québec, est sans convention collective depuis l’expiration d’un contrat de sept ans en mars 2017.

Parmi les enjeux, affirme la partie syndicale, figure la « qualité des horaires », ce qui engloberait notamment une demande patronale misant sur un déplacement d’heures d’employés réguliers vers la fin de semaine, au détriment des heures de travail des employés à temps partiel. « On n’est pas du tout sur les questions financières », a dit en entrevue la présidente du SEMB, Katia Lelièvre.

Le SEMB a indiqué à ses membres qu’il a fait le 17 mai une « proposition globale » concernant les bases de la convention, ce qui portait sur « le plancher d’emplois, la garantie d’heures pour les employés à temps partiel, la garantie d’horaires et le plancher de postes des bureaux et l’ancienneté ».

La direction aurait informé le SEMB lundi qu’il ne serait pas en mesure de revenir à la table mercredi. Une séance est déjà prévue aujourd’hui.

Rencontres prévues

« Des rencontres sont toujours à l’agenda pour les prochains jours », a indiqué jeudi la division des communications de la SAQ dans une déclaration écrite. « La SAQ a bon espoir d’en arriver à une entente négociée avec le syndicat. La SAQ n’émettra pas de commentaire additionnel par respect pour les parties concernées. » De son côté, le SEMB a prévu un conseil général la semaine prochaine pour informer ses membres.

« On a intérêt à ce que ça se signe rapidement, parce que ça fait déjà plus d’un an qu’on négocie », a dit le p.-d.g. de la SAQ, Alain Brunet, au micro de Paul Arcand la semaine dernière.

Le chapitre de 2005

Le dernier conflit à la SAQ remonte à 2005, quand les employés ont fait une grève de deux mois et demi avant d’accepter une nouvelle convention dans une proportion de 76 %. À l’époque, un des sujets chauds portait sur les employés à temps partiel, qui constituaient 70 % des membres du syndicat. La SAQ privilégiait un système qui les aurait rattachés à une succursale seulement, au lieu de pouvoir les faire travailler dans plusieurs magasins. Cette demande avait finalement été laissée de côté, mais certaines succursales avaient obtenu un statut prioritaire.

La convention suivante, entrée en vigueur en 2010, a notamment été marquée par une hausse de la rémunération découlant de l’application de la Loi sur l’équité salariale. Le texte prévoyait aussi la création de 430 postes réguliers. Les employés avaient accepté l’entente à hauteur de 72 %.

La SAQ a enregistré un bénéfice net de 911 millions au cours des neuf premiers mois de son exercice 2017-2018. Son chiffre d’affaires a atteint 2,58 milliards, dont une tranche d’environ 1,9 milliard est attribuable au vin, comparativement à 620 millions pour les spiritueux.

La SAQ travaille actuellement au déploiement des succursales de vente de produits du cannabis, conséquence de la légalisation de son usage récréatif par le gouvernement fédéral. La Société québécoise du cannabis serait toutefois une entité légale distincte de la SAQ.