La Fed envisage de relever «bientôt» ses taux d’intérêt

Jusqu’à présent, la Banque centrale américaine a anticipé trois hausses de taux d’intérêt pour 2018, y compris celle de mars.
Photo: Chris Kleponis Agence France-Presse Jusqu’à présent, la Banque centrale américaine a anticipé trois hausses de taux d’intérêt pour 2018, y compris celle de mars.

Washington — La Banque centrale américaine (Fed) envisage de relever « bientôt » ses taux d’intérêt laissés inchangés début mai, selon un compte-rendu de la dernière réunion de son Comité monétaire publié mercredi.

« La plupart des participants ont estimé que si les informations à venir confirment globalement la perspective économique actuelle, il serait bientôt approprié que le Comité franchisse un nouveau pas dans sa volonté de mettre fin à sa politique accommodante », affirment les transcriptions de la réunion monétaire des 1er et 2 mai derniers.

Le 2 mai, la Fed avait maintenu le taux interbancaire au jour le jour dans la fourchette de 1,5 % à 1,75 % après l’avoir relevé d’un quart de point en mars. La prochaine réunion de son comité monétaire (FOMC) se tient les 12 et 13 juin.

L’ensemble des participants a toutefois pris le soin de préciser que « les ajustements dans le rythme de la politique des taux d’intérêt dépendraient de leur évaluation des perspectives économiques et des risques » qui pourraient émerger, relevant notamment l’incertitude liée aux tensions commerciales qui pourrait saper le moral dans le monde des affaires.

Ils ont en outre estimé que leur « approche graduelle » dans l’augmentation des taux devrait être poursuivie « pour maintenir des conditions du marché du travail solides et atteindre un objectif d’inflation de 2 % ». Ils ont aussi « exprimé une série de points de vue » sur le nombre de hausses à venir. En clair, ils ne sont pas unanimes sur le nombre de relèvements pour cette année.

Jusqu’à présent, la Fed a anticipé trois hausses de taux d’intérêt pour 2018, y compris celle de mars. Pour autant, certains économistes s’attendent à quatre relèvements de taux.

Sur l’inflation, les participants ont par ailleurs noté qu’ils pouvaient s’accommoder d’une période d’inflation au-dessus des 2 % à condition que cette période soit « temporaire » et que le taux d’inflation soit « modestement » au-dessus de la cible « symétrique » des 2 %. En mai, ils notaient que « l’inflation générale et celle mesurée, hors prix alimentaires et énergétiques, s’est rapprochée de 2 % ».

Le Comité s’est aussi montré plus confiant quant à la possibilité que l’inflation sur une base de douze mois puisse se maintenir sur cette trajectoire des 2 %. « Cela dit, il a été noté qu’il était prématuré de conclure que l’inflation pourra rester autour des 2 %, en particulier après plusieurs années au cours desquelles l’inflation s’est maintenue de manière persistante en deçà des 2 %. »

Par ailleurs, « d’une manière générale », le Comité s’est montré « optimiste » quant aux perspectives économiques, relevant que le marché de l’emploi continue d’être dynamique et que l’activité a progressé à un « rythme modéré ». Quelques participants ont néanmoins pointé le « risque » lié au manque de main-d’oeuvre alors que l’économie est au plein emploi.

«Malgré la récente hausse du PCE, personne ne s’inquiète d’une hausse significative de l’inflation, et à l’inverse certains remarquent le fait qu’elle pourrait retomber sous 2%», a commenté Chris Low de FTN Financial. Cette situation suggère une politique de hausses de taux moins agressive pour contenir la hausse des prix, les courtiers de Wall Street s’attendant à trois ou quatre hausses de taux cette année.

Par ailleurs, même en cas de hausse agressive des taux, «les marchés semblent s’habituer au fait que l’on verra sans doute quatre hausses en 2018», a indiqué Maris Ogg de Tower Bridge Advisors.