Une autre étude défavorable pour Tim Hortons

«Les franchisés sont de plus en plus préoccupés par les tentatives égoïstes de RBI d’augmenter de façon importante ses profits aux dépens des franchisés», selon le regroupement GWNFA.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne «Les franchisés sont de plus en plus préoccupés par les tentatives égoïstes de RBI d’augmenter de façon importante ses profits aux dépens des franchisés», selon le regroupement GWNFA.

Toronto — Tim Hortons perd des plumes dans une autre étude qui examine les entreprises les plus réputées au Canada.

Selon le cabinet de recherche Reputation Institute, la société est tombée de la 13e à la 67e place, soit l’une des plus grandes dégringolades parmi les 250 entreprises analysées cette année, même si la marque est toujours considérée comme ayant une « forte réputation ».

L’étude est fondée sur les évaluations de 27 000 Canadiens, qui sont invités à noter les entreprises sur leurs produits, l’innovation, la gouvernance en milieu de travail, la citoyenneté, le leadership et le rendement financier. Google, Lego et Rolex sont en tête de liste, tandis que les marques canadiennes MEC, Jean Coutu et Canadian Tire se classent parmi les 20 premières. Shoppers Drug Mart/Pharmaprix, Home Hardware, Cineplex, Roots et Sleep Country Canada figurent parmi les 50 premières.

Cette étude est publiée après qu’un classement similaire dévoilé en avril par la firme Léger eut délogé Tim Hortons de la quatrième place pour le reléguer en 50e position. Les changements font suite à une dispute publique entre la société mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International, et la Great White North Franchisee Association (GWNFA), qui prétend représenter plus de la moitié des franchisés de l’enseigne. Ces derniers mois, ils se sont querellés concernant les mesures de réduction des coûts prises par certains franchisés à la suite de la hausse du salaire minimum en Ontario, de l’utilisation abusive d’un fonds publicitaire national et d’un plan de rénovation de 700 millions.

En avril dernier, le conseil de franchisés de Tim Hortons a dénoncé ce groupe, lui reprochant de s’être plaint publiquement de leur société mère, Restaurant Brands International (RBI). Dans une lettre aux franchisés dont La Presse canadienne a obtenu copie, le conseil fait valoir que les commentaires de la GWNFA critiquant la société dans les médias et auprès du gouvernement fédéral ont fait du tort à la marque Tim Hortons.

Enquête fédérale

La GWNFA a déclenché une enquête fédérale en écrivant au ministre de l’Innovation Navdeep Bains, plus tôt en avril, pour dénoncer ce qu’elle considère comme des manquements aux promesses faites par RBI en vertu de la Loi sur Investissement Canada lors de son acquisition de Tim Hortons, en 2014. « Les franchisés sont de plus en plus préoccupés par les tentatives égoïstes de RBI d’augmenter de façon importante ses profits aux dépens des franchisés », est-il écrit.

Dans sa lettre, le conseil des franchisés estime que ces sorties publiques ont fait en sorte que les consommateurs se montrent plus critiques envers la chaîne de cafés, pour des problèmes dont ils n’auraient probablement pas eu conscience autrement. Tim Hortons a indiqué qu’elle n’avait rien à dire au sujet de la lettre, mais elle a convenu qu’elle avait du pain sur la planche et ajouté qu’elle accueillait favorablement toute conversation avec les franchisés.