Les dirigeants d'entreprises canadiens ont de l’optimisme à revendre

De nombreux dirigeants d'entreprise se disent convaincus que les révolutions de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique finiront par créer plus d’emplois qu’elles n’en élimineront.
Photo: Stephen Brashear / Getty Images / Agence France-Presse De nombreux dirigeants d'entreprise se disent convaincus que les révolutions de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique finiront par créer plus d’emplois qu’elles n’en élimineront.

Les chefs de grandes entreprises canadiennes se démarquent par leur optimisme à toute épreuve à l’égard des perspectives économiques, de leurs chances de profits et de leur capacité de surfer sur les bouleversements technologiques bien plus que d’en être victimes, selon une enquête d’opinion.

« Malgré les nombreuses discussions autour de forts vents de face qui risquent de frapper le pays, les chefs de direction canadiens envisagent l’avenir avec optimisme pour leur propre entreprise et pour l’économie dans son ensemble », a observé mardi un porte-parole de l’antenne de la firme de consultants KPMG au Canada, Benjie Thomas, lors du dévoilement des résultats d’un sondage réalisé auprès de dirigeants de grandes entreprises du monde. La quasi-totalité (96 %) de la cinquantaine de répondants canadiens ont dit s’attendre à ce que leur entreprise poursuive sa croissance au moins au cours des trois prochaines années, et presque autant (94 %) affichent la même confiance à l’égard des perspectives économiques du pays en général alors que, ailleurs dans le monde, on s’est montré sensiblement plus réservé (74 %).

Quatre chefs d’entreprise sur cinq affirment qu’ils effectueront au moins une acquisition durant cette période, dont plus du tiers prévoit qu’elle sera de grande envergure. Presque les trois quarts entendent prendre de l’expansion dans les pays émergents, au premier rang desquels arrivent ceux d’Amérique latine, l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon suivant plus loin derrière.

Vive la révolution !

On se montre non seulement conscient des bouleversements que pourraient introduire les nouvelles technologies dans les prochaines années, mais on semble de plus en plus les réclamer de ses voeux. Il y a un an, les trois quarts des répondants disaient que ces perturbations technologiques ouvraient bien plus des possibilités qu’elles ne constituaient des menaces. Cette proportion est aujourd’hui de 96 %.

« Les chefs de direction canadiens semblent remarquablement confiants quant à leurs efforts de transformation et leur parcours à cet égard », observe un autre expert de KPMG au Canada, Jameel Ahamed. Plus de 96 % d’entre eux affirment notamment que leur entreprise crée bien plus elle-même ces perturbations technologiques qu’elle ne les subit, soit presque deux fois plus que la moyenne dans le monde (54 %). Un peu comme ailleurs, les deux tiers se disent convaincus que les révolutions de l’intelligence artificielle (IA) et de la robotique finiront par créer plus d’emplois qu’elles n’en élimineront.

Seulement 4 % disent avoir du mal à suivre la cadence des innovations technologiques, contre 36 % dans le monde. Presque tous (98 %) rapportent avoir déjà entrepris l’intégration de l’IA à leurs activités et un peu plus d’un cinquième la déclare terminée. La moitié des répondants s’attendent à ce que leur entreprise soit tôt ou tard la cible de cyberattaques, mais ne s’en font pas trop avec cela, 58 % s’estimant « très bien préparés » à en limiter les impacts négatifs alors que la moyenne dans le monde est beaucoup plus faible (26 %).

Réalisé auprès de 1300 dirigeants de grandes entreprises à travers le monde, le sondage de KPMG comptait 50 répondants du Canada. Principalement issus des secteurs bancaire, énergétique et manufacturier, mais aussi d’autres domaines, ces derniers étaient à la tête, pour moitié, de compagnies affichant un chiffre d’affaires de 1 à 10 milliards par année, les autres se partageant presque également entre des entreprises rapportant un peu moins d’argent (de 500 millions à 1 milliard) et d’autres rapportant beaucoup plus (plus de 10 milliards).