L’inflation de base dépasse les 2,0%

La hausse des prix à la pompe a permis à l’inflation de rester dans le haut de la fourchette privilégiée par la Banque du Canada le mois dernier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La hausse des prix à la pompe a permis à l’inflation de rester dans le haut de la fourchette privilégiée par la Banque du Canada le mois dernier.

La hausse des prix à la pompe a permis à l’inflation de rester dans le haut de la fourchette privilégiée par la Banque du Canada le mois dernier, mais même en excluant l’essence, l’inflation de base a atteint son niveau le plus élevé en six ans, a indiqué vendredi Statistique Canada.

Dans l’ensemble, l’inflation annuelle a légèrement ralenti en avril, mais en s’établissant à 2,2 %, elle est restée assez forte pour se maintenir au-dessus de la cible idéale de 2,0 % de la Banque du Canada. Elle était ainsi légèrement inférieure à l’inflation de 2,3 % affichée en mars — la plus élevée sur une base annuelle depuis 2014.

Outre les prix de l’essence, ceux du transport aérien et des restaurants ont exercé une pression à la hausse sur l’inflation en avril. Les principales forces à la baisse ont plutôt été celles des prix du matériel numérique, des services de voyages et du gaz naturel.

Pendant ce temps, l’inflation de base a poursuivi sa croissance graduelle et soutenue le mois dernier. La moyenne des trois mesures de l’inflation de base surveillées par la Banque du Canada — calculs qui omettent les prix des produits les plus volatils comme ceux de l’essence et des fruits et légumes frais — a grimpé au-dessus de la barre des 2 % pour la première fois depuis février 2012. Elle a ainsi atteint 2,03 % en avril, comparativement à 1,97 % au mois précédent.

La banque centrale étudie de près l’inflation avant de prendre ses décisions sur les taux d’intérêt. Ses hausses du taux directeur sont son principal outil pour empêcher l’inflation de grimper trop haut.

Les récentes lectures de l’inflation de base, même si elles sont légèrement supérieures à la cible de la banque centrale, ne devraient cependant pas avoir d’incidence importante sur la prochaine décision sur les taux. En effet, le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a déjà prédit que l’inflation serait supérieure à 2 % pendant toute l’année 2018. Le mois dernier, M. Poloz a mis à l’épreuve l’idée voulant que le seuil de 2 % représente un genre de barrière infranchissable. Avec la hausse des prix de l’énergie, a-t-il expliqué, il est naturel que la tendance à long terme s’équilibre, et il a même estimé que cela était un « élément positif ».

« Ce que je ne veux pas, c’est que les gens passent l’année à me demander ce que je fais parce que l’inflation est supérieure à la cible », a indiqué M. Poloz aux journalistes à la fin d’avril, lors d’une visite dans la capitale américaine de Washington. « Il faut rappeler de temps à autre qu’il y a une fourchette, et que c’est correct. La politique prévoit cela. Nous n’enfreignons pas notre cible. »

La cible de l’inflation de la banque centrale est la fourchette comprise entre 1 et 3 %, mais une plus grande attention est accordée à l’endroit où s’établit l’inflation par rapport au point milieu de la fourchette, soit 2 %.