L’immobilier canadien poursuit son ralentissement

Le nombre de transactions à l’échelle du pays en avril était en baisse de près de 14% par rapport à l’an dernier, une tendance lourde qui frappe tout particulièrement la Colombie-Britannique et la grande région de Toronto.
Photo: Graeme Roy La Presse canadienne Le nombre de transactions à l’échelle du pays en avril était en baisse de près de 14% par rapport à l’an dernier, une tendance lourde qui frappe tout particulièrement la Colombie-Britannique et la grande région de Toronto.

Les nouvelles règles fédérales continuent de causer un ralentissement sur le marché immobilier dans son ensemble, dont le nombre de ventes a affiché une nouvelle baisse en avril, ce qui survient alors que certaines banques ont commencé à modifier leurs taux hypothécaires pour séduire les clients.

Selon l’Association canadienne de l’immeuble, le nombre de transactions à l’échelle du pays en avril était en baisse de près de 14 % par rapport à l’an dernier, une tendance lourde qui frappe tout particulièrement la Colombie-Britannique et la grande région de Toronto, au coeur des préoccupations fédérales depuis des années.

« L’entrée en vigueur en janvier de la simulation de crise pour les acheteurs dont la mise de fonds est supérieure à 20 % continue d’assombrir les perspectives de ventes en avril », a affirmé la présidente de l’ACI, Barb Sukkau. Le nombre de ventes en avril a touché son plus bas niveau en cinq ans, selon l’organisme.

Les données offrent un contraste saisissant avec le marché de Montréal, dont la bonne tenue de l’économie a permis d’observer une hausse de l’activité en avril. Le nombre de transactions pendant ce mois a augmenté de 10 % comparativement à 2017, selon ce qu’indiquait il y a deux semaines la Chambre immobilière du Grand Montréal (CIGM).

Au moment même où l’ensemble du marché canadien poursuit son refroidissement, les banques ont commencé à réduire certains taux afin de gagner la faveur des clients. La Banque TD a dévoilé une offre spéciale reposant sur un prêt à taux variable sur cinq ans de 2,45 %, nettement inférieur au taux hypothécaire préférentiel de 3,6 %. La Banque de Montréal a ouvert le bal la semaine dernière, avec un taux de 2,45 %, là aussi variable sur cinq ans.

En guise de comparaison, le site Internet de la Banque Royale indique un taux affiché de 3,47 % sur un prêt variable sur cinq ans, comparativement 3,45 % chez le Mouvement Desjardins.

Effet d’entraînement

« Normalement, les banques peuvent emboîter le pas, mais à quel rythme ? » a réagi Denis Doucet, directeur de l’Académie Multi-Prêts, responsable de la formation des courtiers. « On a l’impression que tout le monde est en train de s’observer pour voir quelle stratégie il faudra adopter afin d’aller chercher des parts de marché. »

Quand la Banque Royale et la Banque TD ont augmenté les taux affichés pour les prêts à taux fixe sur cinq ans, il y a quelques semaines, les autres ne sont pas nécessairement pressées pour les imiter. La CIBC a fini par faire le geste au bout d’une semaine.

Les autorités fédérales s’inquiètent depuis plusieurs années de la dynamique entre la hausse des prix de l’immobilier et l’endettement des ménages, qui selon certaines mesures atteint des proportions sans précédent. Au nombre des mesures de resserrement graduelles qui ont été instaurées au fil des années figurent des changements à la durée des prêts de même que des mécanismes de contrôle sur l’octroi des prêts. Ceux-ci visent à assurer que les ménages sont capables d’effectuer leurs paiements dans l’éventualité d’une hausse plus importante que prévu des taux d’intérêt.

Selon une analyse du Mouvement Desjardins publiée en août 2017, environ 5 % des ménages traînent un niveau d’endettement considéré comme « critique ». Si le ratio de la dette au revenu atteint désormais 170 %, le ratio du service de la dette est moins alarmant. Selon ce dernier, la moitié des ménages consacrent 10 % de leur revenu ou moins au remboursement du capital et des intérêts.