Il faut laisser «La Presse» «voler de ses propres ailes», dit André Desmarais

L’éditeur de «La Presse», Guy Crevier, et le président et cochef de la direction de Power Corporation, André Desmarais
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’éditeur de «La Presse», Guy Crevier, et le président et cochef de la direction de Power Corporation, André Desmarais

La société Power « aurait pu » vendre La Presse, car « il y a beaucoup de monde qui était intéressé », a affirmé André Desmarais vendredi en marge de l’assemblée des actionnaires, mais il n’est « pas sûr que c’était dans l’intérêt du bon journalisme à long terme ».

La décision de miser sur la transformation du journal en organisme sans but lucratif, annoncée mardi, permettra à La Presse d’avoir accès à des fonds provenant « d’autres couches de la société, que ce soit des donateurs, le gouvernement fédéral ou les gouvernements provinciaux », a déclaré M. Desmarais, qui ne s’était pas encore exprimé sur la question devant les médias.

« Il fallait passer à une nouvelle étape », a dit M. Desmarais, président et co-chef de la direction de Power Corporation du Canada, une fonction partagée avec son frère, Paul Desmarais fils. « Notre intention est vraiment de laisser La Presse voler de ses propres ailes », a-t-il dit.

Revenus publicitaires

Le jour de l’annonce, faite par la haute direction de La Presse, André Desmarais s’est adressé directement aux employés, réunis au Palais des congrès, mais n’a pas participé à la conférence de presse. Celle-ci a été menée par le président de La Presse, Pierre-Elliott Levasseur, et l’éditeur, Guy Crevier.

Depuis quelques années, les revenus publicitaires des médias écrits peinent à concurrencer les plateformes numériques des géants étrangers comme Google et Facebook. Si Québec a récemment annoncé une aide aux médias, les plans d’Ottawa ne sont pas encore arrêtés.

Dans son budget cet hiver, Ottawa a annoncé l’exploration de nouveaux modèles pour que les médias puissent recevoir des « dons privés » et du « soutien philanthropique » destinés à un journalisme « à but non lucratif ».

« Notre interprétation, c’est qu’ils ne veulent pas donner d’argent à des familles riches ou à des grosses compagnies. Et je pense qu’ils ont raison. Franchement, si j’étais au gouvernement, je ne suis pas là pour donner un subside à la famille Desmarais. C’est pas normal. Ça serait mal interprété », a dit M. Desmarais, qui s’est dit optimiste quant à la possibilité que les gouvernements épauleront les médias.