Les salaires progressent et le taux de chômage se maintient

Le taux de chômage se situe à son plus faible niveau depuis que l’agence a commencé à calculer cet indicateur, en 1976.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le taux de chômage se situe à son plus faible niveau depuis que l’agence a commencé à calculer cet indicateur, en 1976.

La croissance des salaires a atteint en avril son plus haut niveau en près de six ans, pendant que l’économie canadienne a généré une perte nette de 1100 emplois et que le taux de chômage est resté stable à 5,8 %.

Selon le rapport publié vendredi par Statistique Canada, la moyenne du nombre d’heures travaillées a grimpé de 3,6 % le mois dernier par rapport à celle du mois d’avril 2017. Il s’agissait de la plus forte hausse annuelle à ce chapitre depuis octobre 2012. Cet indicateur, qui est surveillé de près par la Banque du Canada lorsqu’elle prépare ses décisions sur les taux d’intérêt, grimpe progressivement depuis quelques mois. Sa croissance annuelle était de 3,3 % en mars, et de 3,1 % le mois précédent.

L’économiste Nathan Janzen, de la Banque Royale, a souligné vendredi que les données sur l’emploi avaient été bonnes depuis un certain temps, alors le marché n’a plus tant d’espace pour croître. Un secteur pour lequel il reste une marge de croissance appréciable est celui des salaires, a-t-il cependant ajouté.

Les chiffres sur la croissance des salaires ont profité de la hausse du salaire minimum en Ontario, en vigueur depuis janvier, a noté M. Janzen. Mais même en excluant cette province des calculs, la croissance des salaires s’établissait à 3,1 % le mois dernier, en hausse par rapport à 2,9 % pour les trois premiers mois de 2018, a-t-il ajouté.

Pour ce qui est des principaux chiffres sur l’emploi du rapport de vendredi, le déclin d’ensemble du nombre d’emplois a été si faible que l’agence fédérale ne le considérait pas comme significatif du point de vue statistique. Le taux de chômage est resté à son creux record de 5,8 % pour un troisième mois consécutif. Il se situe ainsi à son plus faible niveau depuis que l’agence a commencé à calculer cet indicateur, en 1976. L’économie a créé 28 800 emplois à temps plein le mois dernier et en a éliminé 30 000 à temps partiel. Quelque 13 600 emplois du secteur public ont disparu, tandis que le nombre d’emplois dans le secteur privé a grimpé de 28 000.

Par rapport au mois d’avril 2017, l’emploi a grimpé de 1,5 % le mois dernier, grâce à la création nette de 278 300 emplois. Un total de 378 300 emplois à temps plein ont vu le jour en un an.

Au Québec

Au Québec, le marché du travail a vu une perte nette de 13 800 emplois, tandis que le taux de chômage a reculé de 0,2 point à 5,4 % en raison d’une baisse de la population active. Comparativement à 12 mois plus tôt, le nombre de personnes en emploi a progressé de 73 000 dans la province, surtout sous l’effet de hausses enregistrées aux deuxième et quatrième trimestres de 2017, a observé Statistique Canada.

L’Institut de la statistique du Québec ajoute qu’au cours des quatre premiers mois de 2018, comparativement à la même période de l’année précédente, l’emploi au Québec a progressé de 75 500 (+1,8 %). Au cours de cette période, l’emploi à temps plein a augmenté de 128 700, alors que celui à temps partiel a diminué de 53 300.