WSP amorce la dernière année de son plan avec un élan

D’ici la fin de l’exercice, la firme d’ingénierie s’attend à gonfler ses revenus de 600 millions.
Photo: Getty Images D’ici la fin de l’exercice, la firme d’ingénierie s’attend à gonfler ses revenus de 600 millions.

Groupe WSP Global amorce la dernière année de son plan stratégique de trois ans avec des résultats en hausse et estime avoir les moyens de réaliser une acquisition transformationnelle si l’occasion se présente.

D’ici la fin de l’exercice, la firme d’ingénierie s’attend notamment à accroître ses revenus de 600 millions afin qu’ils atteignent 6 milliards, alors que la marge de son bénéfice d’exploitation ajusté devrait être de 11 %.

Toutefois, la multinationale de 43 000 employés — anciennement connue sous le nom de Genivar — ne devrait pas atteindre 45 000 salariés, comme il était visé, ce qui, de l’avis de son président et chef de la direction, Alexandre L’Heureux, constitue une « bonne nouvelle ». « Cela signifie que l’on réussit à générer davantage de revenus avec un effectif moins important », a-t-il expliqué, jeudi, en marge de l’assemblée annuelle des actionnaires de la firme, qui se déroulait à Montréal.

Parallèlement à sa croissance interne, WSP a réalisé 10 acquisitions en 2017 pour continuer à grandir, dont celle de la firme Opus International Consultants, pour 262,5 millions, ce qui lui a permis d’ajouter 3000 employés, dont 1800 en Nouvelle-Zélande. Aucune de ces transactions ne se compare toutefois à l’achat de Parsons Brinckerhoff pour 1,24 milliard $US, annoncé en septembre 2014. « S’il y a une occasion de faire une acquisition transformationnelle, on a le bilan pour le faire, a dit M. L’Heureux. Nous avons l’appétit et la structure pour en réaliser une. C’est toutefois difficile de dire si c’est cette année, l’an prochain ou dans deux ans. »

Une présence diversifiée

En réponse à un actionnaire, le grand patron de WSP a également vanté la diversification géographique de la firme, qui tire 90 à 95 % de ses revenus dans des pays industrialisés comme le Canada, les États-Unis, la France et l’Australie. M. L’Heureux a estimé qu’une présence accrue dans de telles nations plutôt que dans des pays qui poursuivent leur développement diminuait les risques que la société se retrouve plongée dans un scandale pour malversation ou corruption.

Lucien Savard, un actionnaire, avait interpellé le patron de WSP sur le sujet en lui expliquant qu’il détenait également des actions de SNC-Lavalin avant que n’éclate une série de scandales après 2010. « Je ne commenterai pas ce qui se passe chez nos concurrents, a prudemment lancé le dirigeant de la firme WSP. Nous sommes surtout dans des régions industrialisées où il y a une certaine gouvernance [entourant l’octroi] des projets. »

Le bilan de WSP n’est toutefois pas sans tache, puisque l’entreprise a soumis une proposition confidentielle au programme de remboursement du gouvernement québécois. Cette mesure visait à permettre aux entreprises de rembourser toutes les sommes facturées en trop — par l’utilisation de pots-de-vin, de fraude, de collusion ou d’ententes de répartition des contrats — aux municipalités, aux commissions scolaires, aux ministères et aux agences de l’État québécois. Sans dévoiler les détails de l’entente, M. L’Heureux a confirmé qu’une somme d’argent avait été remise aux autorités.

Pour le premier trimestre terminé le 31 mars, WSP a engrangé un bénéfice net de 49,7 millions ou 48 ¢ par action, en hausse de 4,4 % par rapport à l’an dernier. Ses revenus nets ont été de 1,47 milliard, en hausse de 15,2 %. La croissance interne du chiffre d’affaires a été de 4,6 %. Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de la firme d’ingénierie a été de 55,2 millions, ou 53 ¢ par action, en hausse de 10,8 %.