Lockout chez ABI: les Métallos se rendront à Pittsburgh pour manifester

Les employés en lockout d'ABI manifestaient à Québec le 7 février dernier.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les employés en lockout d'ABI manifestaient à Québec le 7 février dernier.

Alors que les discussions doivent reprendre sous peu chez ABI, en présence du médiateur spécial Lucien Bouchard, les employés en lockout se préparent à manifester à Pittsburgh, lors de l’assemblée des actionnaires d’Alcoa, mercredi prochain.

La direction de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) s’est quant à elle dite prête, vendredi, à « entamer de nouvelles négociations » en présence du médiateur, avec le syndicat des Métallos, affilié à la FTQ. « On est très heureux de savoir que l’employeur va revenir à la table ; ça fait déjà 16 semaines que le conflit a débuté. C’est une bonne nouvelle pour nous », a indiqué le président de la section locale 9700 du syndicat des Métallos, Clément Masse, au cours d’une entrevue.

ABI a mis ses 1030 employés en lockout, le 11 janvier dernier, au lendemain du rejet des offres patronales. La direction avait alors fait savoir qu’elle continuerait d’exploiter l’usine avec des cadres, mais à raison d’une série de cuves sur trois. Elle continue donc de bénéficier d’un tarif d’électricité avantageux.

Un premier médiateur avait été affecté au dossier, Me Jean Nolin. Mais les négociations restaient au point mort, même après une rencontre avec le cabinet de la ministre du Travail, Dominique Vien. Le 23 avril dernier, la ministre a nommé un médiateur spécial en la personne de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, revenu à la pratique du droit. Depuis, les parties attendent d’être convoquées pour renouer le dialogue.

« C’est aujourd’hui [vendredi] que la direction de l’Aluminerie de Bécancour a informé le ministère du Travail qu’elle est prête à entamer de nouvelles négociations dans le but de signer une convention collective pluriannuelle », écrit-elle dans un communiqué diffusé en matinée. « La direction désire relancer les discussions et rendre l’usine plus compétitive à l’échelle mondiale », ajoute-t-elle. Elle dit vouloir aussi rehausser la productivité. « La direction attend également avec intérêt les propositions du syndicat, afin de viser un avenir durable et prospère pour ABI. »

Entre-temps, les employés en lockout ont annoncé qu’ils se rendront à Pittsburgh, mercredi prochain, pour manifester lors de l’assemblée des actionnaires d’Alcoa. ABI est détenue à 75 % par Alcoa et à 25 % par Rio Tinto. Une centaine de manifestants doivent prendre la route dès lundi soir pour s’y rendre.

De plus, cinq représentants syndicaux des Métallos, qui détiennent des actions d’Alcoa ou une procuration pour représenter d’autres actionnaires, doivent assister à l’assemblée. Ils comptent alors « se faire entendre des actionnaires. On veut atteindre les actionnaires. Nous, on continue à dire que c’était une mauvaise décision [d’avoir décrété un lockout] et on veut maintenant aviser les actionnaires. On a un message à livrer », a expliqué M. Masse.

Briseurs de grève

Le Tribunal administratif du travail donne partiellement raison au syndicat des Métallos, qui avait porté plainte contre le recours à des briseurs de grève dans le cadre du lockout à l’Aluminerie de Bécancour. Dans une décision qui vient d’être rendue, le tribunal ordonne à ABI de cesser d’utiliser les services de Stéphane Duguay pour remplir les fonctions d’un travailleur qui a été mis en lockout. Le syndicat des Métallos, affilié à la FTQ, avait porté plainte en évoquant quatre cas cependant. Il s’agit d’une décision interlocutoire. La requête sera entendue sur le fond à compter du 14 mai. Du même souffle, le tribunal ordonne à la direction d’ABI de remettre à la section locale 9700 du syndicat d’ici cinq jours la liste complète de toutes les personnes qui ont été embauchées après le 25 août 2017, soit la date à laquelle le syndicat a signifié un avis de négociation à la direction.