L’aéroport Montréal-Trudeau évoque des plans d’expansion

Le débarcadère, que la direction de l'aéroport promet «plus fluide», se trouvera désormais sous un toit de verre.
Photo: Aéroports de Montréal Le débarcadère, que la direction de l'aéroport promet «plus fluide», se trouvera désormais sous un toit de verre.

La forte croissance de l’achalandage à l’aéroport Montréal-Trudeau fait en sorte que la direction évoque le besoin de construire une nouvelle aérogare, dont les travaux pourraient commencer dans un horizon prévisible.

Aéroports de Montréal, qui prévoit aussi des travaux de 2,5 milliards d’ici cinq ans pour améliorer ses infrastructures et accueillir le Réseau express métropolitain, affirme que la première section de cette nouvelle jetée verrait le jour entre les deux pistes. Elle serait ensuite rattachée au reste de l’aérogare.

« Ça va être par phases, on a toujours procédé comme ça, on est prudent, on a nos propres moyens », a dit le p.-d.g. d’ADM, Philippe Rainville, en marge d’un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

« Ça va commencer dans les deux ou trois prochaines années. On finalise des plans », a ajouté M. Rainville, entré en fonction le 1er janvier 2017 après neuf ans dans les hauts échelons de l’organisation. « Déjà, on manque de portes en période de pointe. Quand on arrive au mois d’août, on a des autobus, alors on en a déjà besoin. Mais dans la première phase, on ajoutera entre 10 et 14 portes. »

Multiples travaux

ADM a présenté lundi les images de ses différents projets d’amélioration, qui toucheront deux infrastructures vieillissantes bien connues des voyageurs : le stationnement et le débarcadère. Le stationnement comprendra de nouveaux espaces couverts et sera doté d’un toit vert avec « capteurs d’énergie ». Quant au débarcadère, que la direction promet « plus fluide », il se trouvera désormais sous un toit de verre.

L’ensemble des coûts liés aux améliorations des cinq prochaines années totalisera environ 2,5 milliards sur cinq ans, dont 80 % pourraient être amassés en émettant des obligations. Cela comprend tous les travaux en façade, comme le stationnement et le débarcadère, et les travaux sur la « première petite section » de la nouvelle aérogare.

Quant au REM, son passage sous l’aéroport est prévu pour 2023. « Il faut être prêt », a dit M. Rainville. La future gare du REM se trouvera à une distance d’environ 35 mètres sous terre. « Les gens n’auront à peu près pas à marcher. »

L’achalandage de passagers à l’aéroport, qui a hérité des voyageurs internationaux de Mirabel en 1997, a connu de fortes hausses au cours des dernières années. L’an dernier seulement, l’augmentation a été de 9,5 % à 18,2 millions. La croissance s’accélère : celle de 2017 a fait suite à des gains de 4,5 % en 2015 et de 7 % en 2016.

En 2017, les revenus d’ADM ont augmenté de 10 %, à 579,7 millions.

Pas de nouvelle taxe ?

ADM a récemment fait passer de 25 $ à 30 $ la taxe imposée aux passagers. Mais les travaux des cinq prochaines années ne devraient pas se solder par de nouvelles augmentations, a dit M. Rainville. « Après ça, s’il faut poursuivre et accélérer, écoutez, c’est notre seule façon de nous financer. »

La question du financement est un sujet chaud depuis deux ans, car Ottawa s’est penché sur l’idée de privatiser les aéroports du pays. À l’heure actuelle, les aéroports sont des organismes sans but lucratif qui versent un loyer à Ottawa pour l’occupation de terrains fédéraux. Cela signifie que leurs seuls moyens de financer des travaux passent par les frais aux usagers et par l’endettement.

« Ce qu’on demande au gouvernement du Canada, c’est d’ouvrir le capital, simplement, et nous donner l’occasion de regarder des modes alternatifs de financement », a dit le p.-d.g. d’ADM lorsque le président de la CCMM, Michel Leblanc, lui a posé la question devant l’auditoire. Cela leur permettrait d’explorer de nouvelles pistes avec des partenaires financiers potentiels, a-t-il ajouté.

Ottawa jongle avec l’idée de privatiser les aéroports depuis 2016, mais le ministre des Transports, Marc Garneau, a récemment affirmé aux dirigeants de ces infrastructures que « pour le moment, l’examen de la privatisation par le gouvernement ne sera pas activement étudié ».