Le conseil de David’s Tea réplique à l’offensive de son cofondateur

Selon le marchand de thés québécois, Herschel Segal désire s’emparer du contrôle du conseil en proposant sept candidats — dont lui-même — à l’élection en vue de l’assemblée annuelle du 14 juin.
Photo: GoToVan CC Selon le marchand de thés québécois, Herschel Segal désire s’emparer du contrôle du conseil en proposant sept candidats — dont lui-même — à l’élection en vue de l’assemblée annuelle du 14 juin.

La tension monte entre le conseil d’administration des Thés David’s Tea et le cofondateur de la chaîne, qui ont des opinions divergentes sur l’approche à adopter pour permettre au détaillant québécois de se sortir la tête de l’eau.

Selon le marchand de thés québécois, Herschel Segal désire s’emparer du contrôle du conseil en proposant sept candidats — dont lui-même — à l’élection en vue de l’assemblée annuelle du 14 juin sans verser de prime aux autres actionnaires.

Pourtant, le fondateur du détaillant de vêtements Le Château est « l’architecte » d’un grand nombre de difficultés auxquelles l’entreprise est confrontée, a fait valoir le détaillant, jeudi, dans un communiqué. « L’affirmation de M. Segal selon laquelle sa prise de contrôle proposée du conseil apportera une vision nouvelle et objective à la société est fallacieuse, fait-on valoir. Les difficultés que M. Segal souligne se sont toutes produites sous sa gouverne. »

Par l’entremise de sa société Placements Mauvais Jours, l’homme d’affaires est le principal actionnaire de David’s Tea avec environ 46 % des titres en circulation. M. Segal siégeait au conseil d’administration avant d’en claquer la porte, le 5 mars dernier. Celui-ci estime néanmoins que David’s Tea est voué à un brillant avenir et affirme vouloir miser sur la renommée de la marque et une clientèle fidèle au Canada tout en se penchant sur les difficultés rencontrées aux États-Unis.

Mercredi, Placements Mauvais Jours avait dit que le conseil et les actionnaires minoritaires avaient rejeté sa proposition de compromis en ce qui a trait à la composition du prochain conseil d’administration. « L’élection [du 14 juin] est probablement la plus importante dans l’histoire de David’s Tea », indiquait la société, qui faisait également valoir que l’entreprise se trouvait à un « tournant ».

Dans le but d’éviter une « course aux procurations publiques » en vue du rendez-vous annuel, l’actuel conseil de David’s Tea dit demeurer ouvert à discuter avec « tous les actionnaires », dont M. Segal.

Depuis son entrée au Nasdaq, en juin 2015, le marchand de thés fait face à des problèmes de rentabilité, et son incursion dans le marché américain est loin d’avoir été couronnée de succès. Le détaillant a remanié sa haute direction à plusieurs reprises avant que Joel Silver devienne son président et chef de la direction, il y a un an.

Trois autres actionnaires importants — Porchlight Equity Management, TDM Asset Management PTY et Edgepoint Wealth Management —, qui contrôlent ensemble 36,5 % des actions, s’opposent au plan de M. Segal. D’après eux, les candidats proposés par le cofondateur de la chaîne ne semblent pas avoir les compétences requises pour redresser la barre du détaillant et leur indépendance soulève des doutes.

L’offensive de M. Segal, qui lorgne la présidence du conseil, survient alors que David’s Tea a signalé en décembre que diverses options stratégiques, dont une vente de la compagnie, une restructuration, une fusion ou une acquisition, étaient étudiées. David’s Tea exploite environ 240 boutiques au Canada ainsi qu’aux États-Unis.