Au moins le tiers des achats en ligne seraient effectués à l’étranger

Le site de la compagnie Amazon représente à lui seul 15% de tous les montants dépensés.
Photo: Ben Margot Associated Press Le site de la compagnie Amazon représente à lui seul 15% de tous les montants dépensés.

Au moins le tiers des 9 milliards en achats en ligne effectués par des Québécois l’an dernier l’aurait été sur des sites étrangers, estime le CEFRIO.

Plus de la moitié (58 %) des Québécois a fait au moins un achat en ligne l’an dernier, a rapporté mercredi le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO) dans son grand portrait annuel du commerce numérique au Québec. De ce nombre, 43 % peuvent être qualifiés de « cyberacheteurs » occasionnels avec seulement deux à six achats en douze mois, contre 11 % (et 17 % des familles avec enfant) qui ont plutôt été du type hyperactif avec vingt-cinq achats et plus.

Qualifiés par le CEFRIO d’« encore timides », les cyberacheteurs québécois ont dépensé en ligne en moyenne 863 $ en 2017 et plus de la moitié (56 %) moins de 500 $. Cela a quand même fait un total de 9,1 milliards, estime le centre de recherche, en hausse de 13 % par rapport à 2015.

Interrogés sur l’origine des sites Web où ces montants ont été dépensés, les consommateurs ont rapporté qu’ils étaient à 19 % québécois et à 37 % canadiens, pour un total de 56 %. La part étrangère dans le total des transactions s’élèverait, quant à elle, à au moins 36 %, à raison de 27 % aux États-Unis et de 9 % dans des sites Web basés dans d’autres pays, 8 % des répondants disant ne pas savoir.

Outre l’enjeu de la concurrence mondiale à laquelle doivent faire face les commerçants québécois, ces chiffres soulèvent le problème de la perception des tarifs douaniers et des taxes auprès des compagnies étrangères. Le débat sur cette question fait rage depuis quelques mois au Canada, dans la foulée notamment de l’entente de congé de taxe passée entre Ottawa et le géant américain Netflix. Dans une étude dévoilée en janvier, le Conseil québécois du commerce de détail estimait que sur 60 millions de colis qui passent chaque année la frontière des États-Unis vers le Canada, seulement un envoi de valeur importante (de 185 à 235 $) sur deux livré par Postes Canada se voit imposer les taxes à la consommation, et moins de 3 % pour des envois de moindre valeur (de 30 à 60 $).

De ce point de vue, les chiffres rapportés mercredi pourraient être une amélioration par rapport à ceux d’une autre enquête du CEFRIO qui révélait, il y a trois ans, que seulement 25 % des dollars dépensés pour des achats en ligne l’avaient été sur des sites québécois, contre 10 % sur des sites canadiens et 48 % sur des sites américains.

Entré dans les moeurs

Le rapport du CEFRIO de mercredi se base sur deux sondages, l’un réalisé au mois de janvier auprès de 1002 répondants et l’autre conduit chaque mois auprès d’un total de 6000 personnes et dont les marges d’erreur sont toutes deux d’environ 3 % 19 fois sur 20.

On y confirme entre autres que les cyberacheteurs se retrouvent plus fréquemment chez les hommes, les jeunes, les gens éduqués et disposant de meilleurs revenus. Les biens le plus souvent achetés sont les vêtements, chaussures et accessoires (54 %), les billets de spectacle (46 %), les produits électroniques (42 %) ainsi que la musique, les films et les jeux vidéo (40 %). Le site de la compagnie Amazon représente à lui seul 15 % de tous les montants dépensés, suivi par Air Canada (5 %) et eBay (4 %).

Si 50 % des internautes québécois vont s’informer dans les magasins avant d’effectuer leurs achats en ligne, 80 % font des recherches sur Internet avant d’aller acheter en magasin. Plus de la moitié des 18 à 34 ans s’informent même sur Internet au moment même où ils sont dans les magasins grâce à leurs appareils mobiles.

Quant au tiers de Québécois qui ont accès à Internet mais qui n’y ont effectué aucun achat, ils expliquent préférer magasiner sur place et disent se méfier du degré de sécurité et de protection des données privées assuré par les transactions numériques. Près des deux tiers rapportent tout de même chercher de l’information sur Internet avant de faire leurs achats en magasin.