Feu vert conditionnel au mariage entre Metro et Jean Coutu

La transaction de 4,5 milliards a été approuvée à 99,99% par les actionnaires de la chaîne de pharmacies en novembre dernier. 
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La transaction de 4,5 milliards a été approuvée à 99,99% par les actionnaires de la chaîne de pharmacies en novembre dernier. 

Le Bureau de la concurrence du Canada a donné son feu vert au mariage entre Metro et Groupe Jean Coutu, lundi, à condition que l’épicier se déleste de 10 pharmacies dans huit municipalités québécoises.

Dans sa décision de 32 pages, l’agence fédérale estime que la transaction aurait pour effet « d’empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence » à Amos, Berthierville, Baie-Saint-Paul, Carleton-sur-Mer, Coaticook, Disraeli, La Baie et La Sarre. Neuf des pharmacies sont coiffées de l’enseigne Brunet et une autre du logo de Jean Coutu.

Le Bureau demande à la troisième chaîne de supermarchés en importance au pays de déployer des « efforts raisonnables sur le plan commercial » afin de se départir des établissements concernés par la décision. « Metro n’appliquera aucune sanction, pénalité ou autres frais à un pharmacien dont le contrat de franchise est résilié dans le cadre d’un dessaisissement, autres que les ajustements usuels reliés aux sommes dues de part et d’autre au moment d’une telle résiliation », indiquent les autorités canadiennes.

De plus, pendant la période de vente, l’épicier devra faire le point toutes les trois semaines quant à la progression de ses efforts afin de se départir des 10 pharmacies visées.

La transaction de 4,5 milliards avait été annoncée par les deux fleurons québécois en octobre dernier. Elle avait été approuvée à 99,99 % par les actionnaires de Jean Coutu le mois suivant. L’entreprise issue du regroupement générera des ventes annuelles d’environ 16 milliards et exploitera plus de 1300 supermarchés et pharmacies au Québec, en Ontario ainsi qu’au Nouveau-Brunswick. Des synergies évaluées à 75 millions devraient être réalisées au cours des trois prochaines années.

Ce mariage s’inscrit dans un mouvement de consolidation qui s’observe depuis quelques années dans le secteur canadien de la pharmacie. En 2013, les Compagnies Loblaw avaient annoncé une entente visant à acquérir la chaîne Shoppers Drug Mart (Pharmaprix au Québec) pour 12,4 milliards. En avril dernier, c’était au tour de McKesson Canada d’avaler le Groupe Uniprix et ses 330 pharmacies. Les détaillants font face à une concurrence croissante des grandes chaînes américaines comme Walmart et Costco ainsi que du géant Amazon, qui a effectué une percée dans l’alimentation avec l’achat de Whole Foods.