Un groupe de franchisés de Tim Hortons est dénoncé pour ses sorties publiques

Tim Hortons a indiqué qu’elle accueillait favorablement toute conversation avec les franchisés de la chaîne de restauration.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Tim Hortons a indiqué qu’elle accueillait favorablement toute conversation avec les franchisés de la chaîne de restauration.

Oakville — Le conseil de franchisés de Tim Hortons a dénoncé un groupe représentant au moins la moitié des propriétaires de cafés, lui reprochant de s’être plaint publiquement de leur société mère, Restaurant Brands International (RBI).

Dans une lettre aux franchisés dont La Presse canadienne a obtenu copie, le conseil fait valoir que les commentaires de la Great White North Franchisee Association (GWNFA) critiquant la société dans les médias et auprès du gouvernement fédéral ont fait du tort à la marque Tim Hortons.

La GWNFA a déclenché une enquête fédérale en écrivant au ministre de l’Innovation Navdeep Bains, plus tôt en avril, pour dénoncer ce qu’elle considère comme des manquements aux promesses faites par RBI en vertu de la Loi sur Investissement Canada lors de son acquisition de Tim Hortons, en 2014.

En entrevue la semaine dernière, M. Bains a affirmé qu’il avait demandé à ses fonctionnaires d’enquêter sur le sujet et de vérifier si les enjeux soulevés sont justes et valides. Il y a plusieurs outils dans la Loi sur Investissement Canada pour s’assurer que les conditions sont respectées, avait-il indiqué. Il serait notamment possible d’aller devant les tribunaux, mais selon lui il est encore trop tôt pour s’avancer sur cette possibilité.

Dans une lettre, les avocats du groupe citent plusieurs promesses que la firme brésilienne 3G Capital — qui est propriétaire de RBI — a faites lorsqu’elle a acquis Tim Hortons en 2014. Elle s’était notamment engagée à maintenir les relations avec les franchisés, à conserver le loyer tel qu’il était et à garder les niveaux d’emplois des franchisés au Canada. Ils plaident que l’entreprise n’a pas respecté ses promesses et que « des recours appropriés » devraient être accessibles aux franchisés.

« Les franchisés sont de plus en plus préoccupés par les tentatives égoïstes de RBI d’augmenter de façon importante ses profits aux dépens des franchisés », est-il écrit. L’entreprise aurait en fait modifié le loyer et la structure de redevances, selon eux.

L’association a aussi dénoncé RBI ces derniers mois pour certaines mesures de réduction des coûts, des pannes de caisses enregistreuses et un plan de rénovation de 700 millions pour ses établissements dans les quatre prochaines années. Le groupe de franchisés a toutefois critiqué le plan, qu’il juge mal conçu et trop coûteux.

Dans sa lettre, le conseil estime que ces sorties publiques ont fait en sorte que les consommateurs se montrent plus critiques envers la chaîne de cafés, pour des problèmes dont ils n’auraient probablement pas eu conscience autrement.

Tim Hortons a indiqué qu’elle n’avait rien à dire au sujet de la lettre, mais elle a convenu qu’elle avait du pain sur la planche et ajouté qu’elle accueillait favorablement toute conversation avec les franchisés.