Préavis de grève au Canadien Pacifique

Une grève du Canadien Pacifique pourrait avoir des conséquences dans la grande région de Montréal.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Une grève du Canadien Pacifique pourrait avoir des conséquences dans la grande région de Montréal.

Le Canadien Pacifique a attribué les décevants résultats trimestriels de son premier trimestre aux difficiles conditions hivernales alors que le transporteur ferroviaire se prépare à une éventuelle grève qui pourrait perturber son service dès ce week-end.

Le CP, qui s’est vu remettre mercredi des préavis de grève de 72 heures de la part d’environ 3400 travailleurs de 2 de ses syndicats, a affiché après la fermeture des marchés un bénéfice de 348 millions pour les trois premiers mois de l’année. Cette baisse de 19 % par rapport aux profits de 431 millions engrangés au cours de la même période un an plus tôt survient malgré une hausse de 4 % des revenus du transporteur, qui ont atteint 1,66 milliard. Le bénéfice par action s’est établi à 2,41 $, une diminution par rapport à celui de 2,93 $ inscrit à ses résultats de l’an dernier.

« Ça a été un trimestre difficile, pendant lequel nous avons lutté contre la météo extrême et une demande sans précédent, particulièrement dans les secteurs plus nordiques de notre réseau », a observé le chef de la direction du CP, Keith Creel, dans un communiqué de presse.

Inquiétudes

Les clients qui font livrer leurs récoltes de matières premières par le CP s’inquiètent des perturbations potentielles que pourraient entraîner les grèves. « Une grève ne serait qu’un autre clou dans le cercueil d’une autre très mauvaise année pour les livraisons », a estimé le président de la Fédération canadienne de l’agriculture, Ron Bonnett. « Tout l’hiver, les chemins de fer n’ont livré qu’environ 40 % des wagons qui leur ont été demandés pour la livraison des céréales, alors il y a une énorme accumulation de céréales dans le système en ce moment. »

Le ministre fédéral du Transport, Marc Garneau, a pour sa part indiqué, plus tôt cette semaine, que le gouvernement étudiait la situation en raison de ses implications pour les livraisons de céréales et d’autres matières premières, tout en ayant bon espoir de voir le processus de négociation déboucher sur une solution.

La Conférence ferroviaire de Teamsters Canada, qui représente environ 3000 mécaniciens et opérateurs de locomotive, ainsi que la Fraternité internationale des ouvriers en électricité, qui compte environ 365 membres travaillant à la signalisation et aux communications, ont toutes deux déploré mercredi le manque de progrès à la table de négociations. Si aucune entente négociée n’est conclue à court terme, les membres de deux syndicats déclencheront la grève samedi à 00 h 01, heure de l’Est.

La grève pourrait avoir des conséquences dans la grande région de Montréal. Le Réseau de transport métropolitain (RTM) a prévenu que le débrayage pourrait entraîner la suspension complète de la circulation ferroviaire sur les lignes de trains de banlieue Candiac, Saint-Jérôme et Vaudreuil-Hudson. Dans un communiqué, le RTM dit suivre la situation de près et s’engage à informer sa clientèle de toute éventuelle perturbation du service sur ces lignes.