L’aide publique au développement demeure stable, selon l’OCDE

Les pays européens ont puisé dans l’aide au développement pour faire face à l’arrivée de migrants, dépensant sur leur territoire des sommes qui avaient été allouées, en principe, aux pays en développement.
Photo: Alessandro Fucarini Agence France-Presse Les pays européens ont puisé dans l’aide au développement pour faire face à l’arrivée de migrants, dépensant sur leur territoire des sommes qui avaient été allouées, en principe, aux pays en développement.

Seuls cinq pays ont atteint l’an dernier l’objectif de l’ONU de consacrer 0,7 % de leur revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement (APD), qui est restée stable par rapport à l’année précédente, a annoncé lundi l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Et le Canada n’est pas l’un d’eux.

« Il y a des progrès, mais ils restent modestes », a constaté le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, à l’occasion de la présentation à Paris des chiffres sur l’aide au développement.

L’APD a atteint 146,6 milliards de dollars américains en 2017, en léger recul de 0,6 %, soit une moyenne pour les pays donateurs de 0,31 % de leur RNB, loin de l’objectif de 0,7 %, qui n’est respecté que par le Danemark (0,72 %), le Luxembourg (1 %), la Norvège (0,99 %), le Royaume-Uni (0,7 %) et la Suède (1,01 %).

Le Canada reste loin de ce peloton de tête avec une contribution l’an dernier de 4,3 milliards à l’aide au développement, soit l’équivalent de 0,26 % de son RNB, exactement la même proportion que l’année précédente.

C’est quand même mieux que son immense voisin américain, dont la contribution totale de 35,3 milliards n’équivalait qu’à 0,18 % de l’ensemble de son économie, en léger repli par rapport à 2016 (0,19 %).

Charité bien ordonnée

L’Allemagne, qui avait rejoint le groupe de tête en 2016 en raison de l’aide apportée aux migrants arrivés sur son territoire, est légèrement repassée sous la barre des 0,7 % l’an dernier, à 0,66 %.

La France, en revanche, a vu son aide progresser de 14,9 %, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2012, soit 0,43 % de son RNB. « Un pas en avant, mais le chemin est encore long pour respecter les engagements internationaux », a regretté l’ONG Oxfam dans un communiqué.

Les pays européens avaient puisé dans l’aide au développement pour faire face à l’arrivée de migrants, dépensant sur leur territoire des sommes d’argent qui avaient été allouées, en principe, aux pays en développement, conformément à une règle de 1988 qui les autorisait à comptabiliser dans l’APD les dépenses consacrées aux réfugiés sur leur territoire.

Le coût des réfugiés

« L’aide au développement est faite pour fonctionner dans les pays aux revenus les plus faibles, pas dans les pays développés », a déploré Charlotte Petri Gornitzka, la présidente du Comité d’aide au développement, pendant la présentation des chiffres de l’OCDE.

L’aide aux migrants a d’ailleurs baissé l’an dernier, le coût des réfugiés dans les pays donateurs s’étant « établi à 14,2 milliards de dollars l’an dernier, soit 13,6 % de moins qu’en 2016 ».