ALENA: une entente serait très probable, selon le Mexique

Le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo (à gauche), la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain du Commerce, Robert Lighthizer, à Montréal, en janvier dernier.
Photo: Peter McCabe Agence France-Presse Le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo (à gauche), la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, et le représentant américain du Commerce, Robert Lighthizer, à Montréal, en janvier dernier.

Le secrétaire mexicain à l’Économie estime à 80 % les probabilités que l’on annonce d’ici l’échéance du mois prochain une entente de principe pour le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Dans une entrevue au réseau mexicain Televisa, Ildefonso Guajardo a toutefois soutenu lundi qu’une telle entente de principe ne serait pas conclue d’ici la fin de la semaine, pour une annonce officielle lors du sommet des Amériques, vendredi et samedi au Pérou. Certains espéraient qu’une telle entente pourrait alors être annoncée en grande pompe par les présidents Donald Trump et Enrique Peña Nieto et par le premier ministre Justin Trudeau.

Le secrétaire Guajardo a toutefois confirmé que les négociateurs des trois pays discutaient sans relâche de détails techniques à Washington, après les tête-à-tête de la semaine dernière entre les trois ministres responsables du dossier.

« Nous sommes en discussion permanente », a précisé M. Guajardo lundi. Selon lui, on saura plus clairement au début du mois de mai si une entente de principe est envisageable ce printemps, sans quoi les négociations pourraient stagner jusqu’en 2019, après les élections au Mexique et aux États-Unis.

De son côté, le président américain, Donald Trump, a lui aussi estimé qu’un accord pourrait être trouvé prochainement. « Il y a encore beaucoup à faire, mais nous avons fait d’incroyables progrès, nous sommes plutôt près [d’un accord] sur l’ALENA », a-t-il déclaré avant le début d’une réunion de son cabinet. « Nous avons une chance de conclure un accord sur l’ALENA. »

M. Guajardo prévient toutefois que, dans l’environnement politique actuel, rien n’est certain. Dans une allusion à peine voilée aux déclarations intempestives du président Trump dans les médias sociaux, le ministre mexicain a souligné que les décideurs devaient parfois composer avec des avis lancés par un supérieur dans la sphère publique à 6 h du matin.

Le secrétaire à l’Économie constate par ailleurs que les Américains ont déjà démontré une certaine flexibilité dans le secteur névralgique de ces négociations : l’automobile. Il a confirmé que Washington avait renoncé à son exigence de 50 % de contenu américain dans les véhicules, en échange d’un nouveau système accréditant tout fabricant de pièces qui verserait des salaires horaires de plus de 15 $.

Certains Américains sont par ailleurs pressés d’en finir avec ces négociations, notamment les agriculteurs. Déjà aux prises avec une mauvaise saison et des marchés à la baisse pour les céréales, les fermiers — qui ont beaucoup voté Trump — craignent d’éventuelles représailles de partenaires des États-Unis, notamment la Chine.

Le syndicat pancanadien Unifor a affirmé lundi qu’il n’y avait aucune raison de signer une entente trop vite. « Le Canada ne doit pas être conduit à conclure un accord hâtif qui porterait atteinte aux travailleurs et aux emplois pour toute une génération à venir », a déclaré son président national, Jerry Dias.