L’OACI se penche sur les drones et les taxis volants autonomes

Un taxi volant utilisant la technologie 5G était présenté au Mobile World Congress Wireless Show de Barcelone, en février dernier.
Photo: Manu Fernandez Associated Press Un taxi volant utilisant la technologie 5G était présenté au Mobile World Congress Wireless Show de Barcelone, en février dernier.

Il est grand temps de trouver les meilleures façons de gérer la présence des drones dans l’espace aérien, mais aussi des « taxis volants autonomes », selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en affirmant sans détour qu’ils « feront bientôt partie de la réalité de bon nombre d’entre nous ».

Se disant préoccupée par « la sécurité et l’efficience de ces services », l’OACI, basée à Montréal, a lancé lundi un avis de consultation en vue d’un symposium prévu en Chine les 13 et 14 septembre 2018. L’objectif étant de raffiner l’approche réglementaire de ces nouveaux aéronefs, dont la technologie est relativement jeune mais se développe rapidement.

Si les drones sont en vente depuis des années dans les magasins de produits électroniques, un phénomène qui a incité le Canada à instaurer des règles d’usage l’an dernier, l’émergence des taxis volants autonomes est beaucoup plus récente.

Le cas Airbus

En Oregon, par exemple, Airbus a franchi une étape importante avec son appareil Vahana en réussissant à le faire voler pendant 53 secondes le 31 janvier dernier. Devant des représentants de la Federal Aviation Administration, l’appareil électrique est monté à cinq mètres d’altitude pour atterrir sans problème. Dimensions : 6,2 mètres de largeur sur 5,7 mètres de longueur et 2,8 mètres de hauteur. Il pèse 745 kilogrammes, environ 300 kilos de moins que certaines voitures sous-compactes.

« En moins de deux ans, Vahana a pris un concept dessiné sur une serviette de table et construit un aéronef autonome qui vient de réussir son premier vol », a affirmé quelques jours plus tard un des responsables du projet, Zach Lovering. Au magazine Wired, il s’était étonné de la vitesse à laquelle le projet avançait. « On dirait que l’avenir est arrivé plus vite que ce qu’on prévoyait. Il y a clairement une convergence de technologies qui a permis de faire ça. »

Un autre projet est celui de la société Kitty Hawk, une compagnie dirigée par Sebastian Thrun, créateur de l’équipe de la voiture autonome chez Google. L’appareil en question, nommé Cora, est présenté sur Internet comme une sorte de taxi personnel qui permettra de « survoler la circulation » et de « transformer des toits et des stationnements en espaces de décollage situés dans votre propre quartier ».

Enjeux d’intégration

« En ce qui concerne les taxis volants, il y a plusieurs projets en cours », dit David Saussié, professeur adjoint au Département de génie électrique de Polytechnique Montréal, où il s’intéresse notamment à la commande des systèmes aéronautiques et spatiaux. « Est-ce que ça va finir par arriver ? La consultation vise à évaluer les manières de les intégrer dans l’espace aérien. Si on en est déjà à considérer ces solutions, il faut absolument vérifier comment on peut les intégrer, a dit M. Saussié. Ça ne veut pas forcément dire que ça va arriver. »

Comme les drones, l’évolution de ces appareils comporte un certain nombre d’enjeux, notamment au chapitre de la sécurité. L’OACI a d’ailleurs rappelé lundi que ses pays membres lui ont demandé il y a deux ans de concevoir des règles pour baliser leur usage dans l’espace aérien national.

Les taxis volants, qui peuvent ressembler à un drone avec des ailes, reposent sur une technologie qui les rapproche des hélicoptères, a rappelé M. Saussié. « Il y a un gros accent à mettre sur la sécurité. Plus il y a de pièces mobiles, plus il y a de sources possibles de malfonctionnement. »

Près des avions

En marge d’une table ronde à Montréal en 2016, un haut responsable de l’Association du transport aérien international (IATA) avait indiqué au Devoir que la communauté internationale se préoccupait de la présence des drones près des avions.

« Les décollages et les atterrissages sont des moments critiques pour un vol », avait dit le directeur de la gestion du trafic aérien de l’IATA, Rob Eagles. « À la vue de ces incidents, il faut agir, et ce, dans l’intérêt de tout le monde. Il y a un effort concerté en ce moment. »

Au soulagement de l’industrie aérienne, le gouvernement fédéral a annoncé en mars 2017 une série de mesures pour encadrer l’usage des drones. Ottawa a interdit leur présence à moins de 9 kilomètres des aéroports et à moins de 75 mètres des personnes.