Importantes indemnités à des ex-dirigeants de Pages Jaunes

En difficultés dans le cadre de son virage numérique, Pages Jaunes a aussi annoncé une réduction de la taille de son conseil d’administration.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir En difficultés dans le cadre de son virage numérique, Pages Jaunes a aussi annoncé une réduction de la taille de son conseil d’administration.

En difficultés dans le cadre de son virage numérique marqué par des restructurations et licenciements, Pages Jaunes a versé près de 6,6 millions en indemnités en 2017 à quatre hauts dirigeants qui ont quitté l’entreprise.

De cette somme, 3,5 millions ont été octroyés à l’ancien président et chef de la direction Julien Billot, à qui le conseil d’administration avait montré la porte en juillet dernier.

Ces informations figurent dans la circulaire de sollicitation qui a été envoyée jeudi aux actionnaires de la société montréalaise en vue de l’assemblée annuelle du 11 mai.

La rémunération globale de M. Billot, qui tient compte de son salaire de base, des primes et autres avantages, a totalisé près de 6,3 millions. Celui-ci a reçu un salaire de base de 511 541 $ ainsi qu’une prime incitative de 332 500 $ malgré les nombreuses difficultés de la société.

De son côté, l’ex-chef de la direction financière, Ginette Maillé, qui, officiellement, était partie pour la retraite le 28 février 2017, a reçu 1,35 million, ce qui s’est ajouté à sa paye de 82 212 $ pour deux mois de travail.

Une somme de 1,02 million a été versé à l’ancien premier vice-président aux affaires corporatives François Ramsay, qui ne travaille plus chez Pages Jaunes depuis la fin novembre, et l’indemnité de l’ex-chef de la direction numérique Pascal Thomas s’est établie à 787 700 $.

Dans l’ensemble, la rémunération globale des hauts dirigeants de l’éditeur de l’annuaire Pages Jaunes et de ses ex-principaux cadres a totalisé 19 millions au cours de l’exercice 2017.

Aux commandes depuis le 15 septembre, l’actuel président et chef de la direction, David Eckert, a vu sa rémunération globale s’établir à 5,89 millions. Le dirigeant a reçu un salaire de base de 239 000 $. Ses attributions fondées sur des actions ont totalisé 1,25 million. Il a également fait le plein d’options, à 4,34 millions.

Un conseil moins garni

Pages Jaunes a par ailleurs annoncé dans sa circulaire une réduction de la taille de son conseil d’administration, qui passera de 12 à 7 personnes.

« Le conseil d’administration est unanime dans son appui à la nouvelle équipe de direction de la société et à sa stratégie, a expliqué son président, Robert MacLellan, dans un communiqué. Tous les membres du conseil sont convaincus que la société est entre bonnes mains et qu’elle est vouée à un brillant avenir. »

Celui-ci a précisé que le conseil avait décidé de réduire sa taille alors que l’entreprise continue de « simplifier et cibler ses activités ».

Sept administrateurs actuellement en poste, dont M. Eckert, se présenteront à l’élection lors de l’assemblée. Un président devrait être rapidement désigné au terme du rendez-vous annuel. Seulement deux des candidats qui sollicitent un siège au conseil sont canadiens et aucun ne provient du Québec.

Pages Jaunes a terminé l’exercice 2017 en affichant une perte nette de 589,3 millions, ou 22,32 $ par action, par rapport à 403,7 millions, ou 15,23 $ par action, en 2016. Ses revenus avaient fléchi de 8,8 %, à 745,8 millions.

L’entreprise a également débuté l’année en congédiant 500 personnes, soit environ 18 % de son effectif.

La transition numérique a été douloureuse pour la société, qui n’a pas vu ses recettes croître depuis 2008. Elle génère la majorité de ses recettes grâce à ses activités numériques, mais cela n’est pas suffisant pour contrebalancer le déclin du secteur imprimé.

Dans le but de rivaliser avec les géants numériques, M. Eckert a répété à plus d’une reprise que toutes les options, y compris la vente de certaines activités, étaient envisagées pour tenter de relancer la société propriétaire de marques comme RedFlagDeals.com, Canada411.ca, 411.ca, Bookenda.com, DuProprio.com et ComFree.com.