L’ordre économique mondial est menacé, dit Chrystia Freeland

Alors qu’elle participait à un panel à Winnipeg, mercredi, Chrystia Freeland a estimé que l'ordre économique mondial subit actuellement sa plus grande menace depuis près de 75 ans.
Photo: John Woods La Presse canadienne Alors qu’elle participait à un panel à Winnipeg, mercredi, Chrystia Freeland a estimé que l'ordre économique mondial subit actuellement sa plus grande menace depuis près de 75 ans.

Ottawa — Alors que plane la menace d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la ministre canadienne des Affaires étrangères craint que l’ordre économique mondial mis en place après la Deuxième Guerre ne soit sérieusement en péril.

Alors qu’elle participait à un panel à Winnipeg, mercredi, Chrystia Freeland a estimé que cet ordre économique mondial, que le Canada a contribué à établir, subit actuellement sa plus grande menace depuis près de 75 ans.

La ministre Freeland a d’ailleurs indiqué qu’elle sera à Washington jeudi pour rencontrer le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, dans le cadre de la négociation pour un nouvel Accord de libre-échange nord-américain.

Le gouvernement de Donald Trump souhaite conclure une entente de principe au cours des prochaines semaines, tout en brandissant face à Pékin le spectre de tarifs douaniers punitifs sur une multitude de produits. Les États-Unis menacent d’imposer des tarifs à 106 importations chinoises. Pékin a réagi mercredi en publiant une liste de biens américains, évalués à 50 milliards $US, qui pourraient être visés par des tarifs douaniers.

Le président Trump a ensuite lancé sur Twitter, mercredi matin, que « la guerre commerciale avec la Chine a été perdue il y a plusieurs années par les gens idiots ou incompétents qui représentaient les États-Unis ».

Les places boursières de la planète réagissaient déjà très mal, mercredi, à ces menaces verbales.

Mme Freeland soutient que ces altercations entre la Chine et les États-Unis menacent un ordre économique qui a établi les bases de sociétés prospères et en paix après la Deuxième Guerre mondiale.

Parmi les produits visés par la menace d’un conflit entre la Chine et les États-Unis, on retrouve notamment les plus petits appareils de Boeing et les avions d’affaires Gulfstream, deux entreprises qui font concurrence au groupe montréalais Bombardier.

Par ailleurs, les producteurs canadiens de fèves de soya estiment eux aussi que la nouvelle liste de tarifs que veut imposer la Chine aux produits américains pourrait perturber le marché mondial et engendrer de l’incertitude. Selon le directeur général de Soy Canada, Ron Davidson, les tarifs de 25 % sur les biens américains pourraient créer des occasions d’affaires pour les exportateurs canadiens, mais ils pourraient aussi forcer le Canada à défendre ses ventes auprès de 69 autres pays.