Les ventes immobilières chutent de 40% à Toronto en mars

Le nombre de nouvelles inscriptions à la vente à Toronto a diminué de 3%.
Photo: Graeme Roy La Presse canadienne Le nombre de nouvelles inscriptions à la vente à Toronto a diminué de 3%.

Les ventes d’habitations dans la grande région torontoise ont diminué de 39,5 % en mars par rapport au même mois l’an dernier, a indiqué mercredi la chambre immobilière du Grand Toronto, le marché continuant à ressentir l’effet des mesures instaurées par les gouvernements fédéral et provincial.

Tant le nombre de ventes que les prix ont reculé de façon importante, a précisé la chambre immobilière, ce qui laisse croire à certains observateurs que le marché a atteint un sommet l’an dernier. Les prix et les ventes avaient alors tellement grimpé que les guerres d’enchères étaient devenues monnaie courante, ce qui a convaincu le gouvernement de l’Ontario d’imposer, en avril dernier, une série de mesures visant à refroidir le marché.

Ces efforts ont été suivis par l’entrée en vigueur, le 1er janvier, d’une nouvelle simulation de crise que les prêteurs soumis à la réglementation fédérale sont tenus d’imposer aux acheteurs en vertu d’une initiative annoncée en octobre par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF). En outre, les taux d’intérêt hypothécaires variables et fixes ont grimpé au cours de la dernière année, en raison des fluctuations des marchés obligataires et des décisions de la Banque du Canada.

Les données sur les ventes de mars étaient aussi en baisse de 17,9 % par rapport aux moyennes des 10 dernières années, tandis que le nombre de nouvelles inscriptions à la vente a diminué de 3 %.

Les nouvelles inscriptions se sont chiffrées à 14 866, soit 12,4 % de moins qu’en mars 2017, ce qui a aidé à conserver l’équilibre du marché entre l’offre et la demande. Le faible niveau de maisons à vendre a permis de limiter la hausse des prix, qui s’est établie à 2,2 % par rapport à février.

Les ventes ont aussi rebondi par rapport au mois précédent, ce qui a permis aux économistes Robert Kavcic et Jennifer Lee, de BMO Marchés des capitaux, de voir dans les données des signes de stabilisation du marché.

« Même si les inscriptions à la vente restent plus de deux fois plus nombreuses qu’il y a un an, nous observons un lent resserrement des conditions par rapport aux creux de la mi-2017, ont-ils écrit mercredi dans une note. Il faut aussi se rappeler que le marché était très tendu il y a un an. »

Cependant, le prix moyen d’un logement dans la grande région de Toronto était de 784 558 $ le mois dernier, en baisse de 14,2 % par rapport à celui de 915 126 $ du mois de mars 2017.

Malgré cette diminution, la chambre immobilière de Toronto prédit que les ventes d’habitations seront en hausse pendant le deuxième semestre de 2018 par rapport aux six derniers mois de l’an dernier.

« En ce moment, lorsque nous comparons les prix des maisons, nous comparons deux périodes très différentes », a pour sa part estimé Jason Mercer, le directeur de l’analyse de marché de la chambre immobilière.

M. Mercer a souligné que le nombre de maisons à vendre représentait l’an dernier moins d’un mois d’activité, tandis qu’il prendrait aujourd’hui deux à trois mois à s’écouler.

« Il est logique que les prix n’aient pas renoué avec le sommet de l’an dernier, a poursuivi M. Mercer. Cependant, dans la deuxième moitié de l’année, nous nous attendons à voir le taux de croissance annuel des prix s’améliorer par rapport au premier trimestre. »