Pas de récession, mais un coussin

Un travailleur américain. «Le cycle économique du Québec, comme celui du Canada, est fortement lié à celui des États-Unis», rappellent les documents budgétaires.
Photo: Paul J. Richards Agence France-Presse Un travailleur américain. «Le cycle économique du Québec, comme celui du Canada, est fortement lié à celui des États-Unis», rappellent les documents budgétaires.

La réserve de stabilisation de Québec se situe à 5,4 milliards à la fin de 2017-2018, mais diverses ponctions font en sorte qu’elle tombera à 2,4 milliards à la fin de 2020-2021, un niveau que le gouvernement Couillard estime suffisant, même si le ministre des Finances ne prévoit pas de crise économique à court terme.

« Je ne pense pas qu’il y aura une récession de sitôt », a dit le ministre Carlos Leitão à la question d’un journaliste lui demandant la probabilité d’un passage à vide. « Mais sait-on jamais. »

Après une croissance économique de 3 % en 2017, bien au-delà des prévisions qui circulaient tout au long de l’an dernier, le produit intérieur brut devrait gagner 2,1 % cette année et 1,7 % en 2019, selon les prévisions du ministère des Finances.

2,1%
Croissance prévue du PIB du Québec en 2018

À 2,4 milliards, la réserve de stabilisation, dont l’objectif serait de permettre à Québec de faire face à une période économique creuse, se situerait au-delà de ce que le ministre des Finances voyait récemment comme un niveau « prudent ». « Nous jugeons que c’est autour de 2 milliards, pour faire face à un impact sur le PIB de trois points de pourcentage », a dit M. Leitão en novembre 2017.

Comparativement à ce qu’il prévoyait dans sa mise à jour économique de novembre 2017, le gouvernement pigera un peu plus dans la réserve au cours des trois prochaines années, mais le solde actuel de la réserve (5,4 milliards) est plus élevé que ce qui était prévu (4,3 milliards).

Cycle et ALENA

Une des variables inconnues concerne l’évolution prochaine de l’économie américaine, première destination des exportations québécoises vers l’étranger, qui semble toutefois se trouver en fin de cycle.

« Le Québec est une petite économie ouverte dont l’évolution est influencée par l’environnement économique mondial », rappellent les documents budgétaires. « Plus précisément, le cycle économique du Québec, comme celui du Canada, est fortement lié à celui des États-Unis. Or, le cycle économique américain est mature, alors que l’économie américaine sera en croissance pour une neuvième année de suite en 2018. »

Cela n’annonce pas un « signal de récession », selon le budget. « Toutefois, des chocs pourraient entraîner un retournement du cycle économique américain à l’avenir. Un tel retournement aurait des effets sur l’économie du Québec. »

De plus, les négociations visant le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain ne sont pas terminées, mais Québec ne croit pas à sa disparition. Si cela se produisait, l’impact sur l’économie québécoise serait de 0,5 %, avec un recul de 1,2 des exportations, selon le budget.

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