Le gouvernement cubain reconnaît «des erreurs» dans les réformes économiques

Raúl Castro, qui doit quitter le pouvoir le mois prochain, a mené depuis sept ans une série de réformes visant à «actualiser» un modèle économique obsolète calqué sur le système soviétique.
Photo: Federico Parra Agence France-Presse Raúl Castro, qui doit quitter le pouvoir le mois prochain, a mené depuis sept ans une série de réformes visant à «actualiser» un modèle économique obsolète calqué sur le système soviétique.

La Havane — Le gouvernement cubain a reconnu avoir commis des « erreurs » dans la mise en place des réformes d’« actualisation » économique ces dernières années, lors d’une réunion du Parti communiste cubain (PCC) présidée par Raúl Castro.

Devant le Comité central du PCC, réuni pendant deux jours pour évaluer l’avancée de ces réformes, le coordinateur des réformes Marino Murillo a indiqué qu’après 2011, le rythme de celles-ci avait été réduit « du fait de la complexité des réformes », mais aussi « à cause d’erreurs dans la planification et les processus de contrôle », a rapporté mardi matin le quotidien d’État Granma.

Raúl Castro, qui doit quitter le pouvoir le mois prochain, a mené depuis sept ans une série de réformes visant à « actualiser » un modèle économique obsolète calqué sur le système soviétique, notamment en autorisant le petit entrepreneuriat privé et en ouvrant davantage le pays à l’investissement étranger. Mais ces réformes tardent à porter leurs fruits et les autorités voient parfois d’un mauvais oeil l’accumulation de richesses par certains, dénonçant également des « actes illégaux » constatés dans le secteur non étatique. L’instance suprême du PCC a aussi déploré « le manque de culture de l’impôt dans le pays ».

Aussi, de nouvelles « normes juridiques d’un degré supérieur » régissant le travail des quelque 580 000 travailleurs privés ont été validées par le Comité central. Celui-ci prône « la continuité de l’actualisation du modèle économique et social », mais désormais avec « une participation et une responsabilité accrues de la part » des organismes d’État, a rapporté Granma sans fournir plus de détails.

Toutes les réformes « sont en train d’être révisées, et parmi les priorités figurent […] l’unification monétaire et cambiaire, l’élaboration du Plan national de développement économique et social d’ici 2030, de même que l’examen intégral et le perfectionnement des mesures qui l’exigent », a ajouté le quotidien officiel.

Unique au monde, la dualité monétaire doit être supprimée incessamment sur l’île. Mais on ignore encore si cette complexe réforme sera menée avant ou après le départ de Raúl Castro. Âgé de 86 ans, celui-ci doit céder la présidence à un dirigeant issu de la nouvelle génération le 19 avril prochain.