Des manifestants dénoncent un prêt de Desjardins à Kinder Morgan

<p>Les manifestants souhaitent rencontrer le p.-d.g. du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, afin de lui remettre une pétition de 10 000 noms.</p>
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir

Les manifestants souhaitent rencontrer le p.-d.g. du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, afin de lui remettre une pétition de 10 000 noms.

Des écologistes ont manifesté samedi pour demander au Mouvement Desjardins de retirer le prêt de 145 millions $ accordé à Kinder Morgan pour l’élargissement de son controversé oléoduc Trans Mountain, entre l’Alberta et les côtes de la Colombie-Britannique.

Les manifestants se sont rassemblés devant le Centre de congrès de Québec où se tient l’assemblée générale annuelle de l’institution financière.

Ils veulent lui « lancer un message très clair » que le financement de cet oléoduc dénoncé par de nombreuses personnes et associations en Colombie-Britannique va à l’encontre des valeurs de respect des communautés et de protection de l’environnement qu’elle dit défendre.

« Desjardins dit avoir des valeurs à la bonne place. Qu’il le prouve », a lancé Patrick Bonin, le responsable de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace, en entrevue avec La Presse canadienne.

Les manifestants souhaitent rencontrer le p.d.-g. du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, afin de lui remettre une pétition de 10 000 noms.

Pour M. Bonin, Desjardins doit « tomber du bon côté de l’histoire » en revenant sur sa décision, en retirant son financement à Kinder Morgan, en investissant dans les énergies renouvelables et les solutions visant à la dépendance au pétrole et au gaz et à respecter l’accord de Paris.

Greenpeace estime que les Québécois expriment de la solidarité envers l’Ouest du pays qui mène une lutte semblable à celle de contre le projet Énergie Est de TransCanada.

« Ce n’est pas vrai que les Québécois vont accepter que l’institution financière la plus connue au Québec continue de financer cette destruction environnementale et cette violation des droits des Premières Nations », a déclaré M. Bonin.

L’élargissement de l’oléoduc triplerait sa capacité à acheminer des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’au port de Burnaby, sur le Pacifique. Il augmenterait également de façon importante le trafic des pétroliers sur les eaux partagées entre le Canada et l’État de Washington.

Desjardins assure être vert

« L’engagement a été pris, on respecte nos engagements et il y a des conséquences à désinvestir », a résumé la porte-parole de Desjardins, Chantal Corbeil, en soutenant que la coopérative est plus que jamais soucieuse de l’environnement.

L’institution phare du secteur financier québécois a annoncé en décembre mettre fin à son moratoire temporaire sur les projets d’oléoducs au profit de meilleures pratiques.

« Dans le futur, nos prochaines autorisations vont regarder s’il y a une acceptation sociale et si tous les gouvernements sont d’accord avec le projet, a indiqué Mme Corbeil. Ça va faire en sorte que les investissements qu’on a dans les énergies fossiles vont diminuer à l’avenir. »

Trois pour cent des 275 milliards $ d’actifs de Desjardins sont investis dans le secteur des énergies fossiles, ce qui en fait selon Chantal Corbeil un petit joueur.