Volkswagen: le patron justifie son salaire par le risque «permanent» d’être mis en prison

Dans un entretien au magazine «Spiegel», Matthias Müller a déclaré ne pas comprendre l’émoi suscité en Allemagne par les rémunérations de chefs d’entreprise.
Photo: Paul Sancya Associated Press Dans un entretien au magazine «Spiegel», Matthias Müller a déclaré ne pas comprendre l’émoi suscité en Allemagne par les rémunérations de chefs d’entreprise.

Berlin — Le patron du géant de l’automobile Volkswagen, encore secoué par le scandale du dieselgate, a justifié vendredi son salaire annuel de 10 millions d’euros par le risque qu’il court « en permanence » d’être mis derrière les barreaux.

Dans un entretien au magazine Spiegel, Matthias Müller a déclaré ne pas comprendre l’émoi suscité en Allemagne par les rémunérations de chefs d’entreprise. « C’est un sujet qui suscite énormément d’émotions », s’étonne M. Müller, qui a perçu 10 millions d’euros au titre de 2017, soit 40 % de plus que l’année passée, selon le rapport annuel du groupe.

Selon Matthias Müller, le salaire d’un dirigeant d’entreprise se détermine selon deux facteurs : l’importance de l’entreprise dans l’économie nationale et les responsabilités et risques reposant sur les épaules du dirigeant. « À ce titre, on a en permanence un pied en prison […] Vu ces responsabilités, nos salaires se justifient », estime le patron allemand, rappelant que, sans le plafonnement mis en place récemment chez VW, il aurait dû toucher non pas 10, mais 14 millions d’euros en 2017.

Deux cadres de VW purgent actuellement des peines de prison aux États-Unis, et plusieurs autres sont inquiétés par la justice américaine.