Salaire minimum: l’économique prévaut

Tim Hortons a finalement augmenté le prix de certains produits, après avoir tenté de trancher dans les avantages sociaux de ses employés.
Photo: Chris Young La Presse canadienne Tim Hortons a finalement augmenté le prix de certains produits, après avoir tenté de trancher dans les avantages sociaux de ses employés.

La marche accélérée vers les 15 $ l’heure du salaire minimum en Ontario ne provoque pas l’onde de choc appréhendée.

Couche-Tard, Cara, Restaurant Brands International… Les grands détaillants annoncent leurs résultats financiers un à un, ayant en commun le même constat : « les coûts sont absorbés par une augmentation des ventes et une hausse des marges ».

Le président de Couche-Tard le soulignait mardi, en dévoilant ses plus récents résultats financiers. L’économique prévaut. Les détaillants agissent de manière rationnelle face à la hausse de plus de 20 % du taux horaire du salaire minimum en Ontario en janvier. Ils ont évité la compression des heures d’activité, ces coûts additionnels étant absorbés par la hausse des ventes et des marges en Ontario. La hausse du salaire minimum ontarien à 14 $ l’heure cette année, à 15 $ l’an prochain, est musclée, a ajouté Brian Hannasch, mais l’entreprise table sur des initiatives pour réduire ses coûts et demeurer concurrentielle.

Les résultats d’Alimentation Couche-Tard pour le trimestre clos le 4 février ont raté la cible des analystes de quelque 20 ¢US l’action, 85 % de l’écart s’expliquant par des marges plus faibles sur les ventes de carburant aux États-Unis.

Jongleries

Cara a également réagi en appliquant des hausses sélectives et en apportant des changements à ses menus. Et le géant de la restauration rapide d’ajouter qu’il n’a pas vu d’inflation dans le coût de ses aliments. « La plupart de nos enseignes ont eu de plus fortes ventes en Ontario que dans les autres parties du Canada », a renchéri le chef de direction, Bill Gregson. « Toutes les jongleries que nous avons faites avec ces différents facteurs semblent avoir porté leurs fruits. Mais ça ne fait que deux mois. » Pour l’heure, l’essentiel de la croissance des ventes du groupe vient de la hausse des prix et de la progression de l’achalandage dans ses restaurants.

Chez Tim Hortons, certains franchisés avaient réagi en début d’année en tranchant dans les avantages sociaux de leurs employés. Devant le tollé provoqué, la société mère, Restaurant Brands International, n’a eu d’autre choix que de permettre des hausses de prix pour certains produits du menu, précisant qu’elle doit affronter chaque année différentes pressions inflationnistes. Mais cette chaîne est aux prises avec un ralentissement des ventes depuis cinq trimestres consécutifs, un problème structurel qui dépasse l’incidence de l’augmentation du salaire minimum.

En septembre dernier, le Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario se montrait sceptique en ce qui concerne la politique du salaire minimum du gouvernement. Il estimait à environ 50 000 la perte d’emplois devant en résulter, une cible qu’il qualifiait de conservatrice.