Juste pour rire sera vendu au groupe américain ICM Partners

Le montant de la transaction, qui s’élèvera à plusieurs dizaines de millions de dollars, n’a toutefois pas été confirmé jeudi.
Photo: Shuemtl CC Le montant de la transaction, qui s’élèvera à plusieurs dizaines de millions de dollars, n’a toutefois pas été confirmé jeudi.

Le Groupe Juste pour rire (JPR) sera finalement vendu au groupe américain ICM Partners, a confirmé jeudi l’entreprise d’humour, puisque Québecor Média s’est finalement désistée.

« Dans le cadre du processus de vente du Groupe Juste pour rire, celui-ci souhaite confirmer que Québecor Média a choisi de ne pas exercer le droit de premier refus dont elle bénéficiait en regard de la transaction projetée », a confirmé JPR par voie de communiqué. L’empire de l’humour, fondé en 1983 par Gilbert Rozon, a été mis en vente en octobre dernier à la suite des révélations du Devoir et du 98,5 FM à propos d’allégations d’inconduites sexuelles de la part du producteur sur neuf femmes.

Au total, sept entreprises s’étaient montrées désireuses d’acquérir le Groupe Juste pour rire, qui emploie actuellement une centaine d’employés, majoritairement à Montréal.

Une entente de principe avait été annoncée le 3 mars. Le Groupe JPR n’avait pas voulu confirmer l’identité de l’acheteur, mais le nom ICM Partners, une entreprise basée à Los Angeles spécialisée entre autres dans le divertissement, avait déjà circulé.

Le montant de la transaction, qui s’élèvera à plusieurs dizaines de millions de dollars, n’a toutefois pas été confirmé jeudi.

Le Groupe Juste pour rire a indiqué qu’il n’émettra pas d’autres commentaires pour le moment « pour préserver l’intégrité du processus de vente ».

Au fil des ans, divers reportages dans La Presse ont évoqué que les revenus du Groupe se situent entre 100 et 150 millions. Plus récemment, Le Journal de Montréal rapportait que M. Rozon voudrait obtenir « près de 70 millions ».

Litige commercial

En vertu d’une entente avec le Groupe JPR, Québecor Média disposait de douze jours pour faire une meilleure offre. Le contrat avait été négocié dans le cadre de différents partenariats et ententes de commandites totalisant plus de 45 millions de dollars entre Québecor et le Groupe Juste pour rire.

L’interprétation de cette entente s’est toutefois retrouvée au coeur d’un litige commercial qui s’est réglé devant la Cour supérieure du Québec après que l’entreprise de Pierre Karl Péladeau a envoyé une injonction au Groupe Juste pour rire.

Gilbert Rozon a d’ailleurs fait sa première apparition publique, depuis l’éclatement du scandale sexuel, dans le cadre de ce litige. L’homme d’affaires est allé témoigner au palais de justice de Montréal.

Devant la juge Marie-Anne Paquette, il s’est dit peiné de devoir vendre l’entreprise qu’il a fondée il y a 35 ans en raison de « l’hystérie médiatique » qui a suivi la révélation des témoignages de présumées victimes.

« Je n’ai jamais pensé à vendre [JPR] avant », avait-il dit.

Il a dit espérer trouver un acheteur capable de continuer à faire rayonner JPR et surtout à maintenir le siège social dans la métropole.

Rappelons que le Groupe Juste pour rire, c’est le festival montréalais en français et en anglais, mais aussi des déclinaisons aux États-Unis et en Europe. Ce sont aussi les galas télévisés, de même qu’un répertoire d’humoristes connus.

Le Groupe a d’ailleurs beaucoup développé ses antennes internationales au fil des dernières années, mettant sur pied des divisions en France, aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie.

Cet été, la marque anglophone Just for Laughs s’est même implantée en Afrique, et présentera un premier festival en 2018 à Durban, en Afrique du Sud.

Sinon, certaines productions de l’entreprise trouvent leur chemin un peu partout sur le globe, particulièrement les capsules Les gags, qui sont présentées dans 135 pays et à bord des avions de 95 compagnies aériennes.