La dette des ménages canadiens est restée stable

S’ils sont plus endettés, les Canadiens sont également plus riches sur papier.
Photo: Getty Images S’ils sont plus endettés, les Canadiens sont également plus riches sur papier.

Le taux d’endettement est demeuré stable au quatrième trimestre. Ce taux, combiné à une hausse de la valeur des éléments d’actif financier, fait que la richesse des ménages a augmenté de 2,1 %.

Le poids de l’endettement des ménages est demeuré élevé mais stable au quatrième trimestre de 2017. Selon les données de Statistique Canada comparant la dette contractée sur le marché du crédit au revenu disponible, le ratio atteignait 170,4 %, contre 170,5 % au trimestre précédent. Il se situait légèrement sous les 170 % à la fin du quatrième trimestre de 2016.

La dette totale sur le marché du crédit a toutefois augmenté de 1,1 % pour atteindre 2131 milliards. Cette enveloppe était répartie entre la dette hypothécaire (1397 milliards), le crédit à la consommation (630 milliards) et les prêts non hypothécaires. D’une année à l’autre, le crédit à la consommation a crû de 5,3 % en 2017, comparativement à une progression de 3,9 % en 2016. Pour sa part, la dette hypothécaire a augmenté de 4,9 % l’an dernier, après une poussée de 6 % en 2016.

Statistique Canada ajoute que le ratio du service de la dette totale, qui correspond au total des paiements obligatoires de capital et d’intérêts en proportion du revenu disponible, est demeuré stable à 13,8 %. « La part des paiements d’intérêts hypothécaires s’est accrue au cours du trimestre en raison […] des récentes hausses des taux d’intérêt », écrit l’agence fédérale.

S’ils sont plus endettés, les ménages sont également plus riches sur papier. Leur valeur nette s’est accrue de 2,1 % au quatrième trimestre pour se chiffrer à 10 889,6 milliards, soit cinq fois plus que la dette. Par habitant, la valeur nette s’établissait à 302 300 $ à la fin de 2017, contre 296 200 $ trois mois plus tôt, et 288 400 $ un an plus tôt.

Cette croissance est principalement attribuable à la valeur des actifs financiers, qui s’est appréciée de 2,9 %. « Cette hausse s’est concentrée dans les capitaux propres et les parts de fonds d’investissement en raison de la vigueur des marchés nationaux et étrangers », a précisé Statistique Canada. Dans l’immobilier résidentiel, « la croissance, faible lors des deux trimestres précédents, est demeurée modeste avec une augmentation de 0,6 % au quatrième trimestre ». L’agence fédérale de statistiques souligne que la valeur des biens résidentiels a augmenté de 3,4 % en 2017 d’une année à l’autre, affichant la croissance annuelle la plus faible observée depuis 2009. En 2016, elle avait progressé de 8,1 %.

« Toujours pas de véritable amélioration concernant l’endettement élevé des ménages canadiens », commente Benoit P. Durocher, économiste principal au Mouvement Desjardins. Mais le portrait va changer, le marché de l’habitation réagissant « fortement » depuis janvier aux nouvelles mesures restrictives du Bureau du surintendant des institutions financières. Il en résulte une croissance moins rapide du crédit hypothécaire.

S’y greffe la remontée des taux d’intérêt, qui a commencé à se faire sentir l’an dernier. « Selon nos estimations, le taux moyen d’intérêt sur la dette des ménages est passé de 3,9 % à la fin de 2016 à 4,06 % à la fin de 2017. Les paiements d’intérêt par rapport au revenu disponible sont ainsi passés de 6,28 % à 6,55 % en un an », fait ressortir l’économiste de Desjardins.