Un acheteur se manifeste pour Toys R Us au Canada

Mercredi, la compagnie américaine a confirmé à ses employés qu’elle envisageait de fermer chacun de ses quelque 740 magasins aux États-Unis, ce qui devrait entraîner l’abolition d’environ 30 000 emplois.
Photo: Justin Sullivan Getty Images Agence France-Presse Mercredi, la compagnie américaine a confirmé à ses employés qu’elle envisageait de fermer chacun de ses quelque 740 magasins aux États-Unis, ce qui devrait entraîner l’abolition d’environ 30 000 emplois.

Toronto — La chaîne de magasins de jouets Toys R Us s’apprête à liquider les stocks de tous ses magasins aux États-Unis, mais les activités du détaillant au Canada pourraient se poursuivre.

Le président et chef de l’exploitation de la chaîne aux États-Unis, David Brandon, a annoncé mercredi que la compagnie tentait toujours de vendre ses activités canadiennes en les regroupant dans une offre avec environ 200 magasins américains. MGA Entertainment, une entreprise de jouets établie en Californie, a indiqué avoir présenté une offre pour les activités canadiennes du détaillant.

Dans une brève déclaration transmise par courrier électronique, le président et chef de l’exploitation de MGA Entertainment, Isaac Larian, a expliqué que les activités de Toys R Us Canada fonctionnaient bien, qu’elles étaient bien dirigées et qu’elles représentaient une bonne affaire si leur prix est raisonnable. Il n’a pas précisé s’il envisageait de racheter toute la chaîne au Canada ou seulement une partie. MGA Entertainment détient déjà diverses marques, notamment L.O.L. Surprise !, Little Tikes et Num Noms.

La division canadienne de Toys R Us s’est protégée de ses créanciers en septembre dernier, peu après la société mère américaine. Plus tard, en janvier, Toys R Us a annoncé la fermeture d’environ 180 magasins aux États-Unis.

Selon le vice-président du marketing de Toys R Us Canada, Clint Gaudry, les 82 magasins canadiens restent ouverts et l’entreprise honore toutes ses politiques de consommateurs et ses programmes, comme son registre de cadeaux pour bébés, ses cartes-cadeaux et ses programmes de fidélisation.

Mercredi, la compagnie américaine a confirmé à ses employés qu’elle envisageait de fermer chacun de ses quelque 740 magasins aux États-Unis, ce qui devrait entraîner l’abolition d’environ 30 000 emplois. Toys R Us n’a pu trouver d’acheteur et n’a pas été capable de restructurer sa dette.

Onde de choc

Cette chute du géant Toys R US enverra à travers les États-Unis une onde de choc qui en fera trembler plus d’un, des fabricants de jouets aux consommateurs en passant par les propriétaires des locaux où était installé le détaillant. La fermeture des 740 magasins américains de la compagnie au cours des prochains mois mettra fin à l’agonie d’une chaîne qui avait été mise à genoux par des facteurs comme le poids de sa dette, les achats en ligne et les jeux vidéo.

La compagnie s’était placée à l’abri de ses créanciers l’automne dernier et avait alors promis de rester ouverte, malgré une dette astronomique de 5 milliards $US qui l’empêchait de lutter pour retenir des clients qui l’abandonnaient au profit de mastodontes comme Amazon et Walmart.

Les problèmes de la compagnie ont eu des répercussions chez les fabricants de jouets Mattel et Hasbro, qui comptent parmi ses principaux fournisseurs. La liquidation probable de la chaîne fera beaucoup plus mal aux petits fabricants qui dépendaient d’elle pour leurs ventes. Plusieurs, inquiétés par la survie du géant, ont cherché à se diversifier au cours des derniers mois.

Les 11 milliards $US de ventes annuelles que générait toujours Toys R Us tomberont maintenant entre les pattes de détaillants comme Amazon, croient des analystes. D’autres chaînes, constatant que le titan vacillait, sont passées à l’offensive : J.C. Penney a ouvert une section de jouets dans 875 magasins l’automne dernier ; Target et Walmart ont élargi leur offre de jouets ; et même Party City s’est mise de la partie.

Toys R US a dominé le secteur des jouets dans les années 1980 et 1990, mais il a ensuite perdu du terrain par rapport à des détaillants à bas prix comme Walmart et Target, puis à Amazon, lorsque même les parents les plus nostalgiques ont commencé à regarder ailleurs. La firme GlobalData Retail estime qu’environ 14 % des ventes de jouets ont eu lieu en ligne l’an dernier, soit deux fois plus qu’il y a cinq ans.

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