Washington dépose une plainte contre l’Inde à l’OMC

Si la plainte vise particulièrement les exportations informatiques, le secteur du textile et de l’habillement est également ciblé.
Photo: Money Sharma Agence France-Presse Si la plainte vise particulièrement les exportations informatiques, le secteur du textile et de l’habillement est également ciblé.

Washington — Les États-Unis ont annoncé mercredi qu’ils avaient déposé une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre l’Inde et certaines de ses subventions aux exportations.

« Ces programmes de subventions aux exportations menacent les travailleurs américains en créant un terrain de jeu inégal sur lequel ils sont en concurrence », a déclaré Robert Lighthizer, le représentant américain au Commerce, cité dans un communiqué.

Cette annonce survient alors que le gouvernement Trump a lancé des actions tous azimuts pour contenir le déficit commercial des États-Unis avec le reste du monde. M. Lighthizer souligne que les États-Unis utiliseront tous les moyens à leur disposition, y compris ceux de l’OMC, pour « promouvoir un commerce juste et réciproque ».

La plainte américaine contre l’Inde cible en particulier les exportations du secteur des technologies informatiques. « Ces subventions manifestes aux exportations fournissent des avantages financiers aux exportateurs indiens leur permettant de vendre leurs biens à des prix bas au détriment des travailleurs et industriels américains », déplore également le département du Commerce.

Dans le détail, il explique que l’Inde exempte ses exportateurs de certaines taxes, de droits de douanes et de redevances et cite l’exemple de fabricants de produits en acier, des entreprises des secteurs pharmaceutique, chimique et du secteur du textile et de l’habillement. « Des milliers d’entreprises indiennes perçoivent des avantages totalisant plus de 7 milliards de dollars annuels pour ces programmes », affirme le département du Commerce en se référant à des documents du gouvernement indien.

Le déficit commercial des États-Unis avec l’Inde s’est élevé à 30,8 milliards de dollars en 2016. Et l’an passé, pour les seules marchandises, le déficit s’était élevé à 22,9 milliards.

Jusqu’à présent, le gouvernement Trump avait eu essentiellement recours à l’imposition de droits de douanes et de droits compensateurs imposés aux importations de produits qu’il estime subventionnés ou vendus à des prix inférieurs aux coûts de production. L’action de Washington auprès de l’OMC engage une procédure plus longue. Elle va donner lieu dans un premier temps à une phase de consultations pour s’efforcer de trouver un accord à l’amiable. Si aucun consensus n’était trouvé, « les États-Unis pourraient demander l’établissement d’un groupe d’experts » (panel) pour régler ce contentieux.

60 milliards contre la Chine

Washington envisage en outre des mesures ciblant les importations chinoises. La presse américaine faisait état de tarifs douaniers sur un volume d’importations chinoises équivalentes à 60 milliards de dollars, notamment des secteurs de la technologie et des télécommunications. Les tarifs cibleront une centaine de produits chinois, a par ailleurs indiqué à l’AFP une source proche des discussions

Au cours d’une réunion la semaine dernière, le président américain aurait indiqué aux membres de son cabinet et à ses conseillers qu’il « voulait frapper bientôt la Chine avec des tarifs et des restrictions sur les investissements en réponse au vol de propriété intellectuelle » présumé, selon Politico, qui cite trois personnes proches des discussions.

Mercredi, le président américain devait rencontrer dans l’après-midi, lors d’un déplacement dans le Missouri, des responsables du constructeur aéronautique américain Boeing avant de participer à une table ronde sur les baisses d’impôt et la réforme fiscale.

Le déficit commercial avec la Chine pour les seuls biens s’est élevé en 2017 à quelque 375 milliards de dollars.