Acier et aluminium: Justin Trudeau salue le front commun canadien

Justin Trudeau (à droite) à l’aciérie EVRAZ, à Regina
Photo: Michael Bell La Presse canadienne Justin Trudeau (à droite) à l’aciérie EVRAZ, à Regina

Justin Trudeau soutient que l’exemption sur les importations canadiennes d’aluminium et d’acier est le fruit des efforts combinés du milieu des affaires, des syndicats et des dirigeants politiques du pays.

De passage mercredi matin à Sault Ste. Marie, en Ontario, le premier ministre a estimé qu’il aurait été très difficile de convaincre Washington si les différents acteurs canadiens n’avaient pas été sur la même longueur d’onde dans ce dossier. M. Trudeau croit que cette approche est gagnante parce que le même message est porté par des voix de différents horizons.

Le président américain, Donald Trump, a exempté le Canada et le Mexique des tarifs douaniers de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, tout en se réservant le droit de les imposer plus tard. M. Trump lie en fait cette exemption aux résultats des négociations pour le renouvellement de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Avant de rencontrer des dirigeants d’entreprises canadiennes mercredi, M. Trudeau a rappelé comment des barrières commerciales nuiraient à l’intégration entre les aciéries canadiennes et américaines. Il a soutenu que c’est ce message qu’il a relayé au président Trump.

Le premier ministre effectue depuis lundi une tournée de trois jours destinée à rassurer les travailleurs et les entreprises des secteurs de l’acier et de l’aluminium. Il était de passage à Saguenay lundi et à Hamilton mardi ; mercredi, après le nord de l’Ontario, il devait se rendre à Regina, en Saskatchewan. Tôt mercredi matin, il a serré des mains lors du changement de quart à l’usine d’Algoma de Sault Ste. Marie, près du lac Supérieur. Il a promis aux travailleurs que le gouvernement canadien ne les laisserait pas tomber et a dit espérer que la menace des tarifs douaniers sera réglée à l’amiable.

Plus tôt cette semaine, à Saguenay et à Hamilton, mais aussi sur des réseaux américains de télévision, M. Trudeau avait répété que l’argument de la sécurité nationale invoqué par le président Trump ne tenait pas la route, compte tenu des liens étroits qui unissent les deux pays.

Le premier ministre convient par ailleurs qu’il existe des surplus d’acier dans le marché mondial et qu’avec les tarifs douaniers imposés par les Américains, certains pays pourraient vouloir passer par le Canada afin d’acheminer leur acier aux États-Unis. M. Trudeau a promis que le Canada demeurera à l’affût et travaillera avec ses partenaires de l’industrie et des États-Unis pour éviter cette échappatoire. Il a notamment évoqué l’imposition de tarifs douaniers et des contrôles plus serrés aux frontières.