Northern Pass: Hydro analyse toujours une décision rendue au New Hampshire

La Commission d’examen du site au New Hampshire a suspendu lundi sa décision du mois de février visant à bloquer ce projet de ligne de transport.
Photo: Antoine Robitaille Le Devoir La Commission d’examen du site au New Hampshire a suspendu lundi sa décision du mois de février visant à bloquer ce projet de ligne de transport.

Alors que le temps presse afin que le projet Northern Pass soit retenu par le Massachusetts pour un important contrat d’approvisionnement, Hydro-Québec et son partenaire américain Eversource tentent toujours de comprendre l’impact d’une décision récemment rendue au New Hampshire.

Si la Commission d’examen du site au New Hampshire (NHSEC) a suspendu lundi sa décision du mois de février visant à bloquer ce projet de ligne de transport, il faudra encore attendre quelques semaines avant de connaître son jugement écrit.

Le Massachusetts a fixé au 27 mars l’échéancier pour trouver une solution dans le cadre de l’important contrat d’approvisionnement octroyé à Hydro-Québec et Eversource en janvier dernier.

« Cette décision [de la NHSEC] n’a pas fourni de précisions sur le moment où l’on pourrait retourner à la table [pour reprendre les audiences] », a expliqué mardi le président-directeur général d’Hydro-Québec, Éric Martel, en marge du dévoilement des résultats annuels.

Aux États-Unis, le Northern Pass, qui doit contourner la région des montagnes Blanches, avait déjà obtenu des permis de la part du département de l’Énergie et du U.S. Forest Service. Il se bute toutefois à la NHSEC.

Hydro-Québec mise sur le Northern Pass, qui devait coûter 680 millions $ pour la portion québécoise et 1,6 milliard $ US au sud de la frontière, pour acheminer au Massachusetts annuellement 9,45 térawattheures (TWh) pendant 20 ans à compter de 2020.

Cette entente permettrait à la société d’État de générer des revenus estimés à 10 milliards $.

« Je ne peux pas spéculer, a dit M. Martel. Ce sont les responsables du Massachusetts qui vont prendre la décision avec ce qu’ils ont devant eux en date du 27 mars. Est-ce qu’ils vont décider d’accorder [un délai] de quelques jours ? »

Si le projet ne va pas de l’avant, le Massachusetts pourrait se tourner vers le New England Clean Energy Connect, une ligne de transport qui serait réalisée par la société d’État québécoise et la Central Maine Power, comme solution de rechange.

Des négociations conditionnelles peuvent se tenir en parallèle des pourparlers qui se poursuivent entre le Massachusetts et les promoteurs du Northern Pass.

Le New England Clean Energy Connect, filiale d’Avangrid, évalué à environ 950 millions $ US aux États-Unis et dont la mise en service est prévue en 2022, nécessiterait la construction d’une ligne de transport au Québec jusqu’à la frontière avec le Maine.

Peu importe le scénario retenu par le Massachusetts, Hydro-Québec sortira gagnante du processus, a expliqué M. Martel, qui n’a pas voulu dire quel projet il préférait.

« Je pense que tout cela a prouvé que (le Northern Pass) était un bon projet, a-t-il analysé. Si ce n’est pas cette fois-ci, je pense qu’on pourrait le proposer à nouveau dans deux ou trois ans dans un nouvel appel d’offres. »

À l’origine, le grand patron d’Hydro-Québec estimait que le Northern Pass devait être construit à la suite d’une entente d’approvisionnement.

Interrogé à savoir si le projet pourrait voir le jour sans contrat ferme, M. Martel a répondu ne pas avoir la réponse à cette question, précisant au passage que la société d’État réfléchissait constamment à son approche dans ce dossier.