Important excédent budgétaire à Québec

Les finances publiques du Québec ont bénéficié en 2017 d’une vigueur économique plus forte que lors des années précédentes.
Photo: Andrew Cribb Getty Images Les finances publiques du Québec ont bénéficié en 2017 d’une vigueur économique plus forte que lors des années précédentes.

Le gouvernement québécois a dégagé un excédent de 4,4 milliards au cours des huit premiers mois de l’exercice budgétaire 2017-2018, selon les plus récentes données du ministère des Finances. En soustrayant un montant de 1,5 milliard versé au Fonds des générations, le solde s’établit à 2,9 milliards.

Le Rapport mensuel des opérations financières, qui présente notamment une hausse de 3,9 % des revenus comparativement à 3,3 % du côté des dépenses, précise que ce surplus fondra sous l’effet des annonces faites cet automne.

« À la suite de la mise à jour de novembre 2017, il est prévu que le solde budgétaire soit à l’équilibre en 2017-2018 », indique le ministère des Finances dans le document publié vendredi dernier. Il mentionne l’allégement de 1,1 milliard du fardeau fiscal des particuliers, dont 322 millions seront inscrits aux livres d’ici le 31 mars, de même que « l’impact attendu de 2,3 milliards de dollars découlant notamment de l’accélération des dépenses des ministères et organismes ».

La mise à jour de l’automne dernier, dépeinte par les partis d’opposition comme un geste préélectoral à l’approche du scrutin d’octobre 2018, a notamment prévu des sommes pour la santé et l’éducation. Le ministre des Finances, Carlos Leitão, s’était gardé de réduire l’impôt des PME, tout en laissant la porte ouverte à « des mesures » lors du prochain budget.

Les finances publiques ont bénéficié en 2017 d’une vigueur économique plus forte que lors des années précédentes. Au cours des 11 premiers mois de l’année, la croissance du produit intérieur brut a atteint 3,2 %, selon ce qu’a annoncé l’Institut de la statistique du Québec il y a deux semaines. Ce rythme s’est avéré deux fois plus rapide que celui de 1,7 % observé en 2016.

Par conséquent, l’impôt des sociétés versé au gouvernement québécois a grimpé de près de 14 % au cours des huit premiers mois de 2017-2018 comparativement à l’année précédente, selon le Rapport mensuel des opérations financières. Les taxes prélevées par Québec ont aussi augmenté de 7,1 %.

Quant à la hausse des dépenses de 3,3 %, elle comprend une augmentation de 4,1 % des dépenses de programmes, mais aussi une baisse de 4,8 % des frais liés au service de la dette.

Réserve de stabilisation

Quand le ministère des Finances a fini de compiler ses données, en juin 2017, il a indiqué que l’excédent de 2016-2017 s’élevait à 2,5 milliards, après versement de 2 milliards au Fonds des générations. Au départ, il avait prévu un excédent de 250 millions. Cela signifiait que la réserve de stabilisation, mise sur pied lors de la récession de 2009, allait grimper à 4,7 milliards.

L’ampleur prévue de la réserve a suscité des questionnements de la part des économistes et fiscalistes, certains s’interrogeant sur la pertinence de mettre de côté autant d’argent ou, encore, sur la nécessité de réfléchir au montant idéal qu’elle devrait contenir.

À l’approche du budget de Québec, l’Ordre des CPA lance l’idée d’adopter « une politique de gestion responsable et durable de la Réserve de stabilisation et du Fonds des générations ». Dans un communiqué diffusé lundi, il a exprimé le désir qu’une « réflexion ouverte et transparente soit menée afin de définir formellement le niveau optimal » de la Réserve.

L’Ordre des CPA suggère aussi de déterminer une politique de décaissement du Fonds des générations, afin de procéder au remboursement concret de la dette plutôt que de l’exposer au risque des marchés.