Des embauches massives aux États-Unis

Dopée notamment par les réductions d’impôt aux entreprises, l’économie américaine a massivement embauché le mois dernier, créant 313 000 emplois.
Photo: Scott Olson Getty Images Agence France-Presse Dopée notamment par les réductions d’impôt aux entreprises, l’économie américaine a massivement embauché le mois dernier, créant 313 000 emplois.

Les créations d’emplois ont bondi en février aux États-Unis et le taux de chômage s’est maintenu à 4,1 %, mais les salaires n’augmentent guère dans une économie qui affiche pourtant une bonne santé.

Dopée notamment par les réductions d’impôt aux entreprises, l’économie américaine a massivement embauché le mois dernier, créant 313 000 emplois. C’est leur plus haut niveau en un an et demi. Selon les chiffres du département du Travail vendredi, le taux de chômage est resté à 4,1 %, au même niveau que depuis cinq mois, mais c’est pour une bonne raison. Cela reflète une arrivée en masse de nouveaux entrants sur le marché du travail (+806 000). Le taux de participation à l’emploi a ainsi grimpé à 63 %, retrouvant ses niveaux de septembre dernier. Les chiffres des deux mois précédents ont en outre été révisés en hausse de 54 000.

« Des emplois, des emplois, des emplois ! » a écrit sur Twitter le président Trump, ajoutant le mot-clic de son slogan « MAGA » (« Make America great again »). Quasiment tous les secteurs ont fortement embauché.

La mauvaise surprise — pour les employés en tout cas, si ce n’est pour ceux qui craignent l’inflation — réside dans le fait que les salaires ont à peine augmenté. Dans ce marché de l’emploi qui devient de plus en plus étroit, les employeurs sont censés offrir de meilleures rémunérations pour attirer ou garder les salariés. Or la hausse du salaire horaire pour le mois n’est que de 0,15 %, ce qui porte à seulement 2,6 % l’augmentation annuelle, soit à peine au-dessus de l’inflation. Le mois dernier, les marchés avaient cru à un signe de retour de la hausse des salaires et des prix lorsque l’augmentation des rémunérations en rythme annuel avait grimpé à 2,8 %. Mais, comme l’a dit le nouveau patron de la Fed Jerome Powell la semaine dernière, avec l’économie qui s’accélère grâce au stimulus fiscal, « les augmentations de salaires devraient survenir bientôt ». Alors que la Fed prévoit pour l’instant trois hausses de taux cette année, dont la première sans doute le 21 mars, il a assuré que l’économie n’était « pas en surchauffe ».

Cela n’empêche pas de nombreux économistes, comme ceux de Capital Economics, de penser que la banque centrale devra plutôt resserrer la vis monétaire quatre fois. Un tout récent rapport de conjoncture, le Livre beige, publié mercredi par la Fed, a montré combien les entreprises dans de nombreux secteurs avaient désormais des difficultés à pourvoir des postes, commençant à offrir primes, horaires plus flexibles et autres avantages sociaux pour attirer les employés compétents.

Mais pour la Maison-Blanche, les hausses de salaires sont déjà là, comme l’a affirmé sur la chaîne CNBC Mark Short, conseiller aux affaires législatives. Il semblait remplacer au pied levé Gary Cohn, le conseiller économique en chef parti à cause de son opposition aux taxes protectionnistes sur l’acier. Mark Short a affirmé que, depuis la réduction des impôts sur les sociétés, 432 compagnies ont annoncé des primes et des augmentations de salaires en en faisant bénéficier 4,4 millions d’employés (le nombre de salariés aux États-Unis est de 155 millions).

Interrogé sur l’impact négatif sur l’emploi manufacturier que pourraient avoir les taxes sur l’acier, M. Short n’a pas répondu. Mais, selon Oxford Economics, ces mesures, en renchérissant le prix de ce matériau, risquent de faire perdre 80 000 emplois.