Mascarade et faux espoir, dit le syndicat de l’Aluminerie de Bécancour

Les 1030 membres de la section locale du syndicat ont été mis en lockout par la direction de l'aluminerie le 11 janvier dernier.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les 1030 membres de la section locale du syndicat ont été mis en lockout par la direction de l'aluminerie le 11 janvier dernier.

La rencontre entre la direction de l’Aluminerie de Bécancour et les travailleurs qu’elle a mis en lockout n’a été qu’une « mascarade », selon le Syndicat des Métallos.

Cette rencontre, que les parties avaient pris l’engagement de tenir le 9 février devant la ministre du Travail, Dominique Vien, a finalement eu lieu jeudi. Cette rencontre en présence du conciliateur a été « très brève » et n’a été qu’un « faux espoir », a rapporté au cours d’une entrevue Clément Masse, président de la section locale 9700 du Syndicat des Métallos, affilié à la FTQ.

Les 1030 membres de la section locale du syndicat ont été mis en lockout par la direction de l’entreprise le 11 janvier dernier, à 3 h du matin. « Ils nous ont un peu reproché l’odieux du lockout — ce qu’on trouve dommage, parce qu’on ne pense pas qu’on est responsables. Ce n’est pas nous qui avons décidé de sortir ; c’est l’employeur qui nous a sortis », a lancé M. Masse.

M. Masse rapporte qu’à cette occasion, la direction a même retiré l’offre finale qu’elle avait présentée aux travailleurs et que ceux-ci avaient rejetée à 80 %, juste avant le déclenchement du lockout. « Ils sont arrivés avec de faux espoirs, parce que, de toute façon, ils n’avaient aucun mandat. C’est un affront fait à leur vis-à-vis de se présenter sans mandat. Quel était le but de l’employeur, à part de miner le moral de nos membres ? » s’est demandé M. Masse.

Et effectivement, la direction de l’aluminerie a confirmé que l’offre qu’elle avait faite en janvier ne tient plus. « Le rejet par le syndicat [sic : par les syndiqués] d’une offre équitable et concurrentielle n’a laissé d’autre choix à la direction d’ABI que de prendre des mesures pour protéger ses employés et les actifs de l’usine. En conséquence, l’offre rejetée ne peut plus servir de base pour un règlement futur », a-t-elle fait savoir.

La direction affirme qu’elle prépare des propositions pour changer les choses. « ABI n’est pas aussi compétitive qu’elle devrait l’être et cette situation doit être améliorée pour réussir à long terme. Par conséquent, la structure opérationnelle d’ABI doit être réévaluée en visant l’amélioration significative de la productivité et de l’organisation de la main-d’oeuvre, afin d’assurer une constance pour ses clients », a-t-elle ajouté.