États-Unis: «Nous ne voulons pas d’une guerre commerciale»

«Nous devons être aux côtés des compagnies américaines et des travailleurs américains et nous allons le faire d’une façon prudente et bénéfique pour l’économie», a déclaré le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. Sur la photo, des travailleurs de la Pacific Machinery Tool Steel Company, en Oregon.
Photo: Natalie Behring Getty Images Agence France-Presse «Nous devons être aux côtés des compagnies américaines et des travailleurs américains et nous allons le faire d’une façon prudente et bénéfique pour l’économie», a déclaré le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. Sur la photo, des travailleurs de la Pacific Machinery Tool Steel Company, en Oregon.

Washington — Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a affirmé mercredi que les États-Unis ne cherchaient pas une guerre commerciale et que la décision d’appliquer des taxes à l’importation d’acier et d’aluminium avait été « mûrement réfléchie ».

« Nous ne voulons pas d’une guerre commerciale », a dit M. Ross sur la chaîne CNBC, s’exprimant au lendemain de la démission du principal conseiller économique de Donald Trump, Gary Cohn, qui était en désaccord avec cette initiative. « Nous voulons avoir de bonnes relations avec nos alliés », a-t-il ajouté, tout en affirmant que le fait que les États-Unis vont pouvoir accroître leur production d’acier contribuera à éviter une hausse des prix pour ce métal.

En ce qui concerne la démission de M. Cohn, M. Ross a affirmé qu’il ne s’agissait pas « d’une révolution de palais » et que le conseiller « considérait depuis un certain temps une mesure de ce genre ». Selon les médias, M. Ross et le conseiller de Donald Trump pour le commerce Peter Navarro ont joué un rôle déterminant pour convaincre le président d’annoncer ces taxes sans en informer M. Cohn.

« Cela ne va pas être une grande guerre commerciale », a encore assuré M. Ross. « Le président n’aurait pas indiqué sa volonté de se montrer souple à l’égard du Canada et du Mexique s’il ne souhaitait que des solutions extrêmes. C’est une idée qui a été mûrement réfléchie ainsi que sa mise en application », a-t-il ajouté. M. Trump a indiqué que le Canada et le Mexique pourraient être exemptés de ces futures taxes s’ils se montrent prêts à renégocier d’une manière plus favorable aux États-Unis le traité de libre-échange nord-américain.

De son côté, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, a répété sur la chaîne Fox Business que les droits de douane sur l’acier et l’aluminium allaient être mis en place « très, très rapidement ». Mais il a adouci la perspective d’un bras de fer avec les partenaires commerciaux en indiquant que des « dérogations » étaient à l’étude. « Le président veut donner des dérogations, il peut faire ça, mais, encore une fois, le plan est de mettre en place ces taxes », a-t-il affirmé.

Interrogé sur la réaction des Européens qui menacent de taxer en rétorsion des importations industrielles et agricoles américaines, M. Mnuchin a rétorqué, sans en dire davantage, que le gouvernement américain « négociait des deals ». « Nous devons être aux côtés des compagnies américaines et des travailleurs américains et nous allons le faire d’une façon prudente et bénéfique pour l’économie », a-t-il conclu.

Les chiffres du commerce extérieur des États-Unis pour le mois de janvier ont fait apparaître mercredi un nouveau creusement du déficit commercial, qui a atteint son plus haut niveau en neuf ans à 56,6 milliards. Donald Trump a réaffirmé dans un tweet que le déficit commercial annuel des États-Unis avait atteint 800 milliards l’an dernier et en a imputé la responsabilité aux politiques de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche.

Il a également indiqué qu’il avait demandé à la Chine « de développer un plan pour l’année pour réduire d’un milliard de dollars son déficit commercial massif avec les États-Unis ». « Notre relation avec la Chine est très bonne et nous sommes impatients de voir avec quelles idées ils vont revenir vers nous », a-t-il ajouté. « Nous devons agir bientôt ! » a-t-il conclu dans ce même tweet.

Le Canada pourrait échapper aux tarifs

Washington — La Maison-Blanche n’a toujours pas écarté la possibilité que le Canada et le Mexique soient épargnés par les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium que le président Donald Trump voudrait imposer. La porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders a soutenu que les deux voisins immédiats des États-Unis pourraient bénéficier d’une « dérogation » pour des raisons de sécurité nationale. D’autres alliés pourraient aussi demander une telle exemption, et leurs demandes seront traitées au cas par cas, a-t-elle précisé. D’intenses discussions ont eu lieu au sein même du gouvernement Trump sur l’enjeu d’accorder ou non des exemptions : certains ont plaidé que le Canada et le Mexique devraient être exclus au moins jusqu’à la fin des négociations sur l’ALENA.

Entre-temps, une ultime tentative du Canada se poursuivait pour faire en sorte que le pays soit épargné par les tarifs frontaliers, qui pourraient être annoncés dès jeudi. De nombreux représentants du gouvernement canadien, à New York, à Washington et au Texas, ont fait pression auprès de leurs homologues américains. Certains d’entre eux ont pris parti en faveur du Canada. Les États-Unis ont envoyé quelques signaux laissant croire que le Canada et le Mexique pourraient ne pas subir d’impact immédiat lié à ces tarifs. Ces derniers pourraient toutefois être imposés aux deux pays en cas d’échec des négociations sur l’ALENA.
La Presse canadienne