Acier et aluminium: le Mexique menace les États-Unis de représailles

Le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo
Photo: Ronaldo Schemidt Agence France-Presse Le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo

Mexico — Le Mexique a menacé mardi les États-Unis de taxer les produits américains les plus « sensibles politiquement » en cas d’instauration par Washington de taxes sur les importations d’acier et d’aluminium mexicain.

« Ce que nous devrions alors faire en réponse [dans un tel cas], c’est prendre des mesures visant les produits exportés [par les États-Unis] les plus sensibles politiquement. Nous avons la possibilité de répondre », a déclaré le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, à la chaîne Televisa.

Le ministre a précisé que son gouvernement étudiait actuellement quels produits pourraient figurer sur cette liste. « Nous ne la rendrons publique que lorsque nous verrons ce qu’ils comptent faire exactement en face », a ajouté M. Guajardo.

Les États-Unis ont annoncé la semaine dernière l’instauration prochaine de droits de douane de 25 % pour l’acier et de 10 % pour l’aluminium, sans préciser quels pays seraient concernés.

Mais le président américain Donald Trump a affirmé lundi qu’il pourrait transiger sur les taxes envisagées sur l’aluminium et l’acier si un nouvel accord de libre-échange « juste » avec le Mexique et le Canada était signé.

Le Canada, premier fournisseur d’acier et d’aluminium des États-Unis, a déjà fait savoir lundi qu’il prendrait des mesures « appropriées et rapides » contre des intérêts américains si les importations canadiennes étaient visées.

L’Union européenne a déjà prévenu que des mesures de rétorsion rapides sur des entreprises américaines dans les matières premières, l’industrie et l’agriculture étaient prêtes. L’UE envisage également de saisir l’Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Une septième session de renégociations de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s’est conclue lundi sans accord entre Washington, Ottawa et Mexico. La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a reconnu que des « différences importantes » persistaient.