Des investissements étrangers records pour Montréal en 2017

Les investissements étrangers ont atteint 2,025 milliards dans la grande région métropolitaine au cours de l’année 2017. 
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Les investissements étrangers ont atteint 2,025 milliards dans la grande région métropolitaine au cours de l’année 2017. 

L’année 2017 a été fructueuse pour la métropole en matière d’investissements étrangers, selon le bilan dressé vendredi par Montréal International. Ces investissements ont dépassé 2 milliards de dollars au cours de la dernière année, ce qui représente le double des résultats enregistrés en 2015.

« Ces résultats seraient encore meilleurs si on n’avait pas pris deux mois pour travailler sur Amazon », a fait remarquer Hubert Bolduc, p.-d.g. de Montréal International, en conférence de presse.

M. Bolduc avait des statistiques à dévoiler qui ont semblé plaire au premier ministre Philippe Couillard, au ministre responsable de la Métropole, Martin Coiteux, et à la mairesse de Montréal, Valérie Plante, tout sourires pour l’occasion.

Avec des investissements étrangers de 2,025 milliards dans la grande région métropolitaine, Montréal International qualifie d’inégalés les résultats enregistrés en 2017.

« Sur les 48 projets accompagnés par Montréal International, 11 étaient dans le secteur de l’intelligence artificielle », a signalé Hubert Bolduc. « Il y a deux ans, il n’y avait pas grand monde qui parlait d’intelligence artificielle. Et ces projets ne sont pas les moindres », a-t-il signalé en évoquant les investissements de Facebook, Google Brain, DeepMind et Microsoft avec Maluuba.

Les investissements internationaux sont venus à 64 % de l’Europe avec 20 dossiers et 1,2 milliard, dont ceux d’IKEA (Suède), de Double Negative (Royaume-Uni), de Siemens (Allemagne) et de Décathlon (France). Ceux du continent américain ont représenté 28 %, soit 567 millions, alors que la part de l’Asie a atteint 158 millions, soit 8 %.

Tous ces investissements se traduisent par des retombées fiscales estimées à 400 millions. Montréal international soutient aussi que les huit missions menées à l’étranger ont permis de recruter quelque 300 travailleurs qualifiés.

L’acier et l’aluminium

Questionné au sujet des tarifs sur les importations d’acier et d’aluminium que s’apprête à imposer le président américain, Donald Trump, Philippe Couillard a prévenu que ces mesures nuiront aux citoyens américains eux-mêmes.

« Tout va coûter plus cher : les autos et les maisons vont coûter plus cher pour les Américains. C’est l’exemple classique de ce type de politiques protectionnistes qui font peut-être du bien à certains quand on en parle, mais qui ont un effet négatif sur l’économie du pays qui les applique », a expliqué le premier ministre.

Philippe Couillard a souligné que la question des tarifs sur l’acier pourrait affecter l’Ontario, alors que le Québec serait plus touché par les taxes sur l’aluminium. « Nous, on va s’occuper de notre industrie et de nos travailleurs et on va passer à travers ça en espérant que la décision sera modifiée. Mais ce sont les Américains qui vont se pénaliser eux-mêmes avec ça. »

Rappelons que jeudi, le président Trump a fait savoir que son gouvernement comptait imposer une taxe de 25 % sur les importations d’acier et une autre de 10 % sur celles d’aluminium. « Nous allons signer cela la semaine prochaine », a-t-il dit.

Et dans un tweet vendredi matin, le président américain a même menacé les partenaires commerciaux des États-Unis de taxes « réciproques » applicables à d’autres produits. « Personne n’a avantage à une guerre commerciale », estime toutefois le premier ministre Couillard. « Une guerre commerciale, ça fait juste des perdants. »