Un possible bras de fer commercial qui pèse sur Wall Street

Le président américain a affirmé jeudi qu’il annoncerait la semaine prochaine l’imposition de droits de douane de 25% sur l’acier et 10% sur l’aluminium, au risque de provoquer une guerre commerciale avec ses partenaires.
Photo: Richard Drew Associated Press Le président américain a affirmé jeudi qu’il annoncerait la semaine prochaine l’imposition de droits de douane de 25% sur l’acier et 10% sur l’aluminium, au risque de provoquer une guerre commerciale avec ses partenaires.

New York — Wall Street a terminé en net recul jeudi, inquiète des potentielles conséquences commerciales entre les États-Unis et le reste du monde après l’annonce par Donald Trump de lourdes taxes sur les importations d’aluminium et d’acier.

Selon les résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones a reculé de 1,7 %, ou 420,22 points, à 24 608,98 points. L’indice élargi S&P 500 a lâché 1,3 %, ou 36,16 points, à 2677,67.

Le président américain, Donald Trump, a affirmé jeudi qu’il annoncerait la semaine prochaine l’imposition de droits de douane de 25 % sur l’acier et 10 % sur l’aluminium, au risque de provoquer une guerre commerciale avec ses partenaires. « La réaction des marchés est compréhensible dans la mesure où ces annonces ont généralement un effet positif de court terme sur les industries protégées, mais des conséquences négatives bien plus larges sur les échanges mondiaux », a affirmé Alan Skrainka, de Cornerstone Wealth Management.

« L’entrée dans une certaine forme de guerre commerciale n’est pas une bonne nouvelle pour le marché », a commenté Patrick O’Hare, de Briefing. Toutefois, « il est trop tôt pour parler de guerre commerciale », a estimé M. Skrainka, ajoutant que le marché a « réagi excessivement ». En effet, « les importations d’aluminium et d’acier ne représentent que 2 % du total des importations » américaines, a indiqué Barclays dans une note.

2 %
C’est le pourcentage des importations américaines que représentent les importations d’aluminium et d’acier, selon Barclays.

La Chine ne restera pas les bras croisés

L’Union européenne « va réagir fermement et proportionnellement pour défendre [ses] intérêts », a rétorqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ajoutant que la Commission présenterait « dans les prochains jours une proposition de contre-mesures contre les États-Unis, compatibles avec les règles de l’OMC, pour rééquilibrer la situation ». Du côté du Canada, le premier partenaire commercial de Washington, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a prévenu que toute taxe douanière imposée par les États-Unis serait « inacceptable ».

La Chine, deuxième partenaire commercial des États-Unis, a déjà prévenu qu’elle ne resterait pas les bras croisés devant des mesures protectionnistes américaines. Pourtant, ce pays est loin d’être le principal fournisseur d’acier des États-Unis, comptant pour moins de 2 % des importations totales. Celles-ci proviennent principalement du Canada (16 %), du Brésil (13 %) et de la Corée du Sud (10 %).

Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, qui vient de prendre ses fonctions après avoir été nommé par Donald Trump, a également fait part de ses réticences face à l’arme des sanctions commerciales, estimant notamment, lors d’une audition devant le Sénat, que « les droits de douane n’étaient pas la meilleure approche » et que, « d’une façon générale », les échanges commerciaux avaient « un impact positif » sur l’économie.

Le gouvernement Trump avait dévoilé mi-février trois scénarios pour taxer les importations d’aluminium et d’acier, mettant en avant la nécessité de préserver la sécurité nationale et les emplois aux États-Unis. La première option consisterait à taxer l’ensemble des importations de ces deux secteurs jugés stratégiques, la deuxième propose une taxation encore plus lourde envers certains pays et la troisième verrait la mise en place de quotas, avait expliqué le ministre du Commerce, Wilbur Ross.