La Banque TD surpasse les attentes

La Banque TD a réalisé un bénéfice de 2,35 milliards pour le trimestre clos le 31 janvier, ce qui représentait une baisse de 7% par rapport à la même période un an plus tôt.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La Banque TD a réalisé un bénéfice de 2,35 milliards pour le trimestre clos le 31 janvier, ce qui représentait une baisse de 7% par rapport à la même période un an plus tôt.

Les plus grandes banques canadiennes ont mis fin à un nouveau trimestre de meilleurs résultats financiers que prévu, contrebalançant d’importantes dépréciations et les inquiétudes au sujet du marché national par une robuste croissance à l’étranger.

La Banque TD, la dernière du groupe à afficher ses résultats pour le plus récent trimestre, a indiqué jeudi avoir réalisé un bénéfice de 2,35 milliards pour le trimestre clos le 31 janvier, ce qui représentait une baisse de 7 % par rapport à la même période un an plus tôt. Mais après certains ajustements pour exclure les éléments non récurrents, la TD a affiché un bénéfice de 2,95 milliards, soit 1,56 $ par action, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente — ce qui surpassait les attentes des analystes.

Ensemble, les six plus grandes banques ont engrangé des profits de quelque 10,5 milliards pour leur plus récent trimestre, en définitive inchangé par rapport au cumul du premier trimestre de 2017.

Les profits des prêteurs qui détiennent des activités aux États-Unis ont été frappés au plus récent trimestre par des charges exceptionnelles liées aux baisses d’impôt de la réforme fiscale en vigueur depuis le 1er janvier. Malgré tout, les plus grandes institutions financières canadiennes ont surpassé les attentes des analystes, alimentées par leurs activités internationales.

Sur une base ajustée, ce qui exclut les charges non récurrentes, les prêteurs ont réalisé un bénéfice d’environ 11,9 milliards, un chiffre en hausse d’environ 12,6 % par rapport à l’an dernier.

« Nous voyons vraiment une bonne contribution en provenance de l’extérieur du Canada », a noté Shannon Stemm, une analyste pour la firme Edward Jones, à St. Louis. La division américaine de services bancaires de détail de la Banque TD — une des 10 plus grandes banques aux États-Unis — a affiché jeudi un bénéfice net de 952 millions, en hausse de 19 % sur un an.

Inquiétudes au Canada

Pendant ce temps, au Canada, plusieurs s’inquiètent des conséquences que pourrait avoir le resserrement des règles sur les prêts hypothécaires en vigueur depuis le 1er janvier. Mais en attendant, les activités canadiennes des banques restent solides. Le bénéfice des activités nationales de la Banque TD a progressé de 12 % au premier trimestre, par rapport à l’an dernier, pour atteindre 1,76 milliard. Les quatre autres grands prêteurs ont dévoilé des croissances de bénéfices canadiens de 9 à 19 % pour le premier trimestre.

Pour l’instant, les portefeuilles hypothécaires ont montré peu d’impact par rapport aux nouvelles règles du Bureau du surintendant des institutions financières pour ce qui est des prêts hypothécaires non assurés. En vertu des nouvelles règles, les acheteurs qui allongent une mise de fonds d’au moins 20 % pour une habitation doivent se soumettre à une simulation de crise pour vérifier qu’ils pourront continuer à effectuer leurs paiements même si les taux d’intérêt devaient grimper. En général, les banques ont indiqué qu’il était trop tôt pour évaluer l’incidence de ce changement. Elles s’attendent toutefois à ce que cela représente un vent contraire pour les trimestres à venir.

« L’environnement macroéconomique au Canada et aux États-Unis reste bon et les développements au cours du dernier trimestre nous ont donné des avantages supplémentaires », a affirmé jeudi le chef de la direction de la Banque TD, Bharat Masrani, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. « Même s’il y a des risques à l’horizon, si ces conditions positives persistent, la croissance du bénéfice ajusté pour l’ensemble de l’exercice pourrait dépasser nos cibles à moyen terme. »