Les États-Unis se préparent à annoncer des tarifs sur l’acier et l’aluminium

Selon certains médias, le président américain préférait imposer des tarifs les plus larges possible aux importations d’acier et d’aluminium.
Photo: Agence France-Presse Selon certains médias, le président américain préférait imposer des tarifs les plus larges possible aux importations d’acier et d’aluminium.

Le président américain, Donald Trump, a annoncé jeudi son intention d’imposer des tarifs sur les importations d’acier et d’aluminium, une décision qui aurait de larges implications pour l’économie mondiale, le système commercial international et le commerce transfrontalier.

Après quelques semaines de suspens dans ce dossier, le président a dévoilé jeudi quelques détails sur son plan : une taxe de 25 % sur les importations d’acier et une autre de 10 % sur celles d’aluminium. Dans les deux cas, il s’agit de pourcentages plus élevés que ceux attendus. « Nous allons signer cela la semaine prochaine », a déclaré M. Trump lors d’un rassemblement de leaders de l’industrie. « Et vous allez être protégés pour longtemps. »

Les grands détails du plan de M. Trump n’étaient pas clairs dans l’immédiat — notamment pour ce qui est de savoir si les tarifs allaient s’appliquer au Canada. Son voisin nordique est le premier exportateur d’acier et d’aluminium aux États-Unis, en tenant compte de l’intégration des industries automobile et militaro-industrielle.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères, a rappelé qu’« en tant qu’allié clé de NORAD et de l’OTAN, ainsi que premier acheteur d’acier américain, le Canada considérerait que toute restriction commerciale sur l’acier et l’aluminium est tout à fait inacceptable. Les restrictions nuiraient aux travailleurs, à l’industrie et aux fabricants des deux côtés de la frontière. L’industrie de l’acier et de l’aluminium est hautement intégrée et soutient des chaînes d’approvisionnement manufacturières essentielles en Amérique du Nord. Le gouvernement canadien continuera de faire valoir ce point directement à tous les paliers du gouvernement américain. »

Techniquement, M. Trump a jusqu’au mois prochain pour prendre une décision à ce sujet. Mais selon certains médias, le président préférait imposer des tarifs les plus larges possible et était impatient de faire une annonce. Le gouvernement aurait fait des pieds et des mains en coulisses pour finaliser les détails du plan, et certains responsables demandaient à M. Trump de remettre à plus tard sa décision.

Plusieurs proches de M. Trump lui ont pourtant demandé d’épargner le Canada. Le Pentagone a publié une lettre lui demandant de ne pas viser ses pays alliés. Pendant des consultations, plusieurs intervenants ont exhorté le gouvernement Trump à faire une exception pour le Canada.

Le Canada a exporté l’an dernier pour environ 9,3 milliards de dollars d’aluminium aux États-Unis et pour environ 5,5 milliards d’acier. Pour les États-Unis, l’acier canadien représente une importante partie des importations, soit un peu plus de 15 % de toutes les importations. Pour le Canada, les États-Unis jouent un rôle crucial dans le paysage des exportations — près de 90 % des exportations canadiennes d’acier sont destinées au sud de la frontière.

Mauvaise décision, dit Couillard

Lors d’un point de presse durant une visite dans une brasserie artisanale à Stoneham, jeudi matin, le premier ministre Philippe Couillard a affirmé qu’il s’attendait à une telle décision et a estimé que le président Trump faisait erreur. « C’est encore une mauvaise décision, une décision malavisée des Américains. […] Le problème du marché de l’aluminium, ce n’est pas le Québec ou le Canada, c’est la Chine, et donc on ne s’adresse pas au véritable enjeu. »

M. Couillard n’était pas immédiatement en mesure de préciser quelles procédures d’appel pourraient être entreprises, mais il a indiqué qu’il consulterait ses partenaires de l’industrie de l’aluminium pour envisager la suite des choses. « Mais je peux vous dire que les Américains n’arriveront pas à leur objectif, a-t-il promis. Ils ont besoin d’aluminium, ils n’en font pas assez eux-mêmes. »

« L’industrie de la défense a mis en garde la présidence américaine en ce qui concerne les tarifs sur l’aluminium, parce que c’est un métal stratégique très important. Alors, ça va être la même chose que pour le bois, où ceux qui ont payé à la fin, ce sont les conservateurs américains. »