Aide aux médias: Transcontinental décoche une flèche à Ottawa

Selon le président et chef de la direction de Transcontinental, François Olivier, les mesures proposées par le gouvernement Trudeau n’aident en rien les entreprises de presse. 
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Selon le président et chef de la direction de Transcontinental, François Olivier, les mesures proposées par le gouvernement Trudeau n’aident en rien les entreprises de presse. 

La diminution de la taille des activités médiatiques de TC Transcontinental n’a pas empêché son président et chef de la direction de critiquer l’aide réservée à ce secteur dans le budget fédéral déposé cette semaine.

Selon François Olivier, le gouvernement Trudeau a décidé de ne « rien faire » puisque les mesures proposées n’aident en rien les entreprises de presse frappées de plein fouet par l’érosion de leurs recettes publicitaires au profit de géants comme Google et Facebook. 

Ce qu’ils proposent est l’équivalent de dire “lorsque certains disparaîtront et qu’il n’y aura plus de journal, là nous agirons”

 

Malgré les demandes répétées des entreprises médiatiques, le ministre des Finances, Bill Morneau, n’a accordé que 50 millions destinés aux médias locaux dans les régions mal desservies, en plus d’annoncer un engagement pour permettre les dons privés et la philanthropie.

M. Olivier n’a pas caché que le manque d’écoute du fédéral avait pesé dans la balance lorsque Transcontinental a décidé de vendre ses 93 journaux hebdomadaires ainsi que le quotidien gratuit Métro en avril dernier. « Nous anticipions ce qui allait arriver, a-t-il dit. J’estime qu’on a raté une occasion d’agir. Je crois que la réponse du gouvernement du Québec a été meilleure jusqu’ici. »

Même s’il ne lui reste qu’une trentaine de titres à vendre, l’entreprise n’échappe pas à la crise des médias puisque la disparition de journaux risque d’affecter ses activités d’impression et de distribution d’hebdomadaires. À ce chapitre, la société se donne encore près de deux mois pour finaliser la vente de ses publications concernées, a indiqué M. Olivier, qui s’est dit persuadé de pouvoir trouver preneur pour les 93 publications.

Virage d’emballage

Après avoir réalisé moins d’acquisitions que prévu en 2017, Transcontinental est prête à dépenser plus de 1 milliard afin d’acheter des compagnies spécialisées dans l’impression d’emballages souples de produits alimentaires. Si ce scénario se concrétise, ce secteur pourrait générer plus de la moitié des revenus de la société, délogeant ainsi l’impression commerciale — la pierre d’assise de l’entreprise depuis sa fondation il y a 40 ans. « Nous pensons avoir des occasions cette année pour déployer du capital, a souligné M. Olivier. Nous avons les moyens de réaliser une transaction d’envergure. »

Transcontinental avait effectué une percée dans l’impression d’emballages souples de produits alimentaires il y a quatre ans dans le cadre d’un virage visant à réduire son exposition à la réduction de l’activité publicitaire dans ses publications imprimées. La société désire acheter aux États-Unis, où la densité de la population assure une demande soutenue pour les produits alimentaires et pharmaceutiques, a précisé M. Olivier.

Transcontinental a également profité de son rendez-vous annuel pour dévoiler ses résultats du premier trimestre, qui affichent une hausse des profits malgré un léger déclin de ses revenus, provoqué par la vente de ses journaux hebdomadaires au Québec et dans les Maritimes.

Pour la période de trois mois terminée le 28 janvier, la société a vu son bénéfice net bondir de 36 %, à 58,2 millions, ou 75 ¢ par action. Abstraction faite d’éléments non récurrents, Transcontinental a engrangé un profit ajusté de 48,6 millions, ou 63 ¢ par action, en progression de 17,7 % par rapport au premier trimestre de 2017.

De leur côté, les revenus nets ont été de 501,7 millions, alors qu’ils avaient été de 503,6 millions pendant le premier trimestre de l’exercice précédent.