Tentative de relance des audiences pour le projet Northern Pass au New Hampshire

<p>Hydro-Québec misait sur le Northern Pass pour acheminer au Massachusetts annuellement 9,45 TWh (térawattheures) pendant 20 ans à compter de 2020.</p>
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir

Hydro-Québec misait sur le Northern Pass pour acheminer au Massachusetts annuellement 9,45 TWh (térawattheures) pendant 20 ans à compter de 2020.

Le partenaire américain d’Hydro-Québec dans le projet Northern Pass a entamé ses démarches dans l’espoir de convaincre le New Hampshire de lui octroyer une autorisation pour la construction de cette ligne de transport d’électricité.

Dans une requête déposée mercredi, Eversource demande à la commission d’examen du site au New Hampshire (NHSEC) de revenir sur sa décision de bloquer le Northern Pass et de reprendre les audiences rapidement. « En raison des besoins urgents en énergie propre et abordable dans la région, il est important de présenter des solutions qui répondent aux préoccupations qui ont été soulevées lors des délibérations », a souligné le président de l’entreprise au New Hampshire, Bill Quinlan.

Aux États-Unis, la ligne de transport, qui doit contourner la région des montagnes Blanches, avait déjà obtenu des permis de la part du département de l’Énergie et du U.S. Forest Service. Elle se bute toutefois à la NHSEC, qui devrait répondre à la requête d’ici le 12 mars.

Le temps presse puisque le Massachusetts a fixé au 27 mars l’échéancier pour trouver une solution dans le cadre de l’important contrat d’approvisionnement octroyé à Hydro-Québec et Eversource en janvier dernier. Parmi les solutions mises sur la table, Eversource propose entre autres des scénarios pour allouer 75 millions $US du fonds de 200 millions offert au New Hampshire dans le but d’atténuer les craintes de certains citoyens. L’entreprise américaine suggère que trois enveloppes contenant chacune 25 millions soient consacrées à la mitigation de la baisse de valeur de propriétés, à la promotion d’activités touristiques ainsi qu’au développement économique. « Nous avons espoir que la NHSEC tiendra compte de nos engagements et que cela contribuera à cheminer vers une solution », a indiqué M. Quinlan.

Hydro-Québec misait sur le Northern Pass, qui devait coûter 680 millions pour la portion québécoise et 1,6 milliard $US au sud de la frontière, pour acheminer au Massachusetts annuellement 9,45 TWh (térawattheures) pendant 20 ans à compter de 2020. Cette entente permettrait à la société d’État de générer des revenus estimés à 10 milliards.

Si Eversource échoue dans sa tentative d’obtenir le feu vert de la NHSEC, le Massachusetts pourrait se tourner vers le New England Clean Energy Connect, un projet qui serait réalisé par la société d’État québécoise et la Central Maine Power, comme solution de rechange. Des négociations conditionnelles peuvent se tenir en parallèle des pourparlers qui se poursuivent entre le Massachusetts et les promoteurs du Northern Pass.

Le New England Clean Energy Connect, filiale d’Avangrid, évalué à environ 950 millions $US aux États-Unis et dont la mise en service est prévue en 2022, nécessiterait la construction d’une ligne de transport au Québec jusqu’à la frontière avec le Maine. Le tracé de 233 kilomètres en sol américain emprunterait le sud du New Hampshire pour rejoindre le Massachusetts. Au Québec, rien n’a encore été déterminé.