La Laurentienne continue d’analyser les prêts jugés problématiques

C’est en décembre que la septième banque du pays avait évoqué la possibilité de devoir racheter jusqu’à 304 millions de prêts jugés problématiques vendus à un tiers.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir C’est en décembre que la septième banque du pays avait évoqué la possibilité de devoir racheter jusqu’à 304 millions de prêts jugés problématiques vendus à un tiers.

La Banque Laurentienne estime être en voie de tourner la page dans le cadre de son examen visant des prêts hypothécaires jugés problématiques vendus à un tiers, ce qui pourrait lui coûter jusqu’à 392 millions, soit plus cher que prévu.

Selon l’institution financière, les vérifications des quelque 1900 prêts accordés dans ses succursales et vendus à un tiers acheteur qui n’a pas été identifié devraient être terminées à la fin du deuxième trimestre. « Pour le moment, il s’agit de notre priorité absolue, a expliqué le président et chef de la direction de la Laurentienne, François Desjardins, mercredi, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du premier trimestre. Une incertitude de la sorte n’est jamais positive. »

Celui-ci a assuré qu’il y avait eu des resserrements au chapitre du contrôle de la qualité lorsque vient le temps d’octroyer ou non des prêts.

C’est en décembre que la septième banque du pays avait évoqué la possibilité de devoir racheter jusqu’à 304 millions de prêts jugés problématiques vendus à un tiers, qui avait découvert des problèmes entourant la documentation, comme de fausses déclarations faites par des clients. Actuellement, la Laurentienne dit avoir procédé au rachat de 180 millions de prêts et allongera 88 millions de plus au deuxième trimestre — pour un total de 268 millions.

Selon M. Desjardins, cet épisode fournit des arguments supplémentaires à son plan de transformation visant notamment à implanter un virage numérique au sein de la Laurentienne. « Cela signifie qu’il est toujours nécessaire d’avoir une banque plus simple et plus automatisée, a-t-il dit en réponse à un analyste. Cela vient réaffirmer le besoin de transformer la banque. »

La Laurentienne s’est également entendue avec la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), un autre tiers acheteur, afin de ne pas avoir à examiner les prêts hypothécaires vendus dans le cadre des programmes de titrisation de l’organisme fédéral.

Enjeu syndical

Alors qu’il tente d’implanter une série d’importants changements dans le cadre de son plan de transformation, M. Desjardins a clairement laissé entendre que les négociations visant à renouveler la convention collective de quelque 1400 employés échue depuis le 31 décembre pourraient ralentir certaines initiatives dans le secteur des activités de détail. « Nous ne contrôlons pas le processus et il faut être deux pour danser, a lancé le grand patron de la Laurentienne, qui a dit ne pas vouloir négocier sur la place publique. C’est difficile de prendre des décisions quand on ignore quelles seront les règles du jeu. »

Représentés par la section locale 434 du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB, affilié à la FTQ), les syndiqués ont voté dans une proportion de 60,1 % pour le maintien de leur accréditation à la fin janvier.

Au premier trimestre terminé le 31 janvier, la Laurentienne a engrangé un bénéfice net de 59,7 millions, ou 1,41 $ par action, en hausse de 23 % sur un an, tandis que son bénéfice ajusté, qui fait abstraction des éléments non récurrents, a grimpé de 20 %, à 63,2 millions, ou 1,49 $ par action.