CARICOM: mieux lutter contre les ouragans et les étiquettes de paradis fiscaux

Des dommages causés par l’ouragan «Irma» dans l’île caribéenne de Saint-Martin en 2017
Photo: Nicolas Asfouri Agence France-Presse Des dommages causés par l’ouragan «Irma» dans l’île caribéenne de Saint-Martin en 2017

Port-au-Prince — La communauté de la Caraïbe (CARICOM), encore profondément marquée par la dévastation causée par les ouragans Irma et Maria l’année dernière, veut accroître la coopération interétatique face à la menace des catastrophes naturelles.

L’organisation régionale, réunie lundi à Port-au-Prince pour sa rencontre semestrielle, juge que le coût de la reconstruction, évalué à plus de cinq milliards de dollars américains, exige des niveaux de financement importants, qu’elle n’est pas en mesure de lever elle-même. « L’ampleur de la reconstruction nécessitera un effort à long terme », a reconnu lundi le secrétaire général de la CARICOM, Irwin LaRocque, en ouverture de la réunion des chefs d’État et de gouvernement.

Le président d’Haïti, dont le sud a été ravagé par l’ouragan Matthew en 2016, porte le projet d’un fonds d’assurance pour répondre plus rapidement aux besoins des pays affectés par des catastrophes naturelles. « Cela permettra aux pays victimes d’accéder rapidement, aux lendemains mêmes des catastrophes, à des fonds de reconstruction grâce à des procédures abordables et efficaces au lieu d’être paralysés par l’attente d’une aide improbable, qui le plus souvent est trop peu, vient trop tard et parfois n’arrive jamais », a affirmé Jovenel Moïse, qui assurera la présidence de la CARICOM jusqu’en juillet.

Lutte contre la criminalité et amélioration du transport régional figurent également au menu des discussions, mais les deux jours de réunion ont débuté par une contestation officielle de la liste noire des paradis fiscaux établie par l’Union européenne. « L’imprévisibilité et l’incertitude découlant de la nature évolutive des critères de l’UE et du processus d’inscription sont très préoccupantes.

En effet, leurs actions peuvent effectivement constituer une violation du droit des États souverains de déterminer leur politique fiscale », a dénoncé M. LaRocque. « Alors que nous sommes sur la liste noire de ces pays développés, eux négligent de faire la même chose en leur sein », a-t-il ajouté.

Début décembre, l’Union européenne a dévoilé sa liste noire de 17 paradis fiscaux, sur laquelle figurent quatre pays membres de la Caricom : la Barbade, Grenade, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago. À sa publication, cette liste avait été critiquée par plusieurs organisations non gouvernementales, montrant du doigt l’absence de Malte et des Pays-Bas, dont le rôle dans l’évasion fiscale a été mis en évidence par le scandale des Paradise Papers.

Créée en 1973, la CARICOM rassemble 15 pays de l’arc antillais, la majorité étant de petits États insulaires, appartenant par ailleurs au Commonwealth.