La ristourne aux membres de Desjardins grimpe pour la première fois depuis 2014

Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Guy Cormier, président et chef de la direction du Mouvement Desjardins

Alors qu’il songe à augmenter les prix de certaines primes d’assurance, le Mouvement Desjardins s’apprête à verser 202 millions en ristournes à ses membres — une première hausse depuis 2014.

Cette somme ne pourra pas toujours croître de 40 % d’une année à l’autre, comme cela a été le cas en 2017, a prévenu lundi le président et chef de la direction de la coopérative, Guy Cormier, qui a affirmé que la hausse des ristournes devrait suivre celle de l’excédent.

« Souhaite-t-on que le montant progresse vers les 250 millions ou 300 millions selon la performance ? La réponse est oui », a-t-il dit au cours d’une conférence téléphonique.

M. Cormier commentait les résultats de l’exercice 2017, pour lequel les excédents avant ristournes ont été de 2,15 milliards, en hausse de 21 %, grâce entre autres à un gain net de 249 millions réalisé sur la vente de Western Financial Group et de Western Life Assurance Company à une division de l’assureur Wawanesa pour 775 millions l’an dernier.

Il faut remonter à 2014 pour voir la ristourne franchir la barre des 200 millions. Quelque 217 millions avaient alors été distribués aux membres de Desjardins.

Depuis la crise financière de 2008, Desjardins, qui ne peut émettre d’actions pour lever du capital, avait choisi de réduire les montants des ristournes aux membres pour répondre aux nouvelles exigences réglementaires en matière de capitalisation.

Au terme du dernier congrès qui s’est déroulé à l’automne, Desjardins a décidé de calculer la ristourne en tenant compte de davantage de produits que les prêts, placements ou dépôts à terme de ses membres. « Ils ont aussi des produits d’assurance automobile, des cartes de crédit et des assurances pour la maison […], et cette portion des produits n’était pas couverte par la ristourne, a affirmé M. Cormier. Je n’ai pas tous les paramètres. »

Si Desjardins tourne la page sur une « excellente année », M. Cormier n’a pas caché que le secteur de l’assurance de dommages avait été touché par une hausse de la sinistralité provoquée par les inondations du printemps dernier au Québec et les réclamations des conducteurs automobiles. En excluant un gain exceptionnel de 241 millions réalisé l’an dernier, l’excédent du secteur de l’assurance de dommages a plongé de 28 %, s’établissant à 237 millions.

Desjardins dit avoir noté une hausse du nombre d’accidents, notamment parce que les conducteurs sont plus distraits, et des factures de réclamations plus élevées puisque les réparations de véhicules sont de plus en plus chères.

« Il y a la question des téléphones intelligents, mais les véhicules sont également équipés d’un paquet de gadgets et d’écrans supplémentaires, a noté M. Cormier. Il y a beaucoup de choses qui se produisent lorsque l’on conduit une voiture par rapport à il y a 15-20 ans. »

Confrontée à ce défi, la coopérative tente de gérer ses dépenses du mieux qu’elle peut avant de décréter une hausse des primes.

« Est-ce que c’est tout le monde qui doit subir des hausses ou ceux [les conducteurs] avec des comportements moins adéquats ? C’est ce que nous sommes en train d’analyser », a expliqué le grand patron de Desjardins.

Abstraction faite du gain de 249 millions enregistré l’an dernier, l’excédent a été de 1,93 milliard, en progression de 7 %. Son rendement des capitaux propres est passé de 8 % à 9,1 %.

Les ristournes des dernières années

2011 320 millions
2012 279 millions
2013 171 millions
2014 217 millions
2015 154 millions
2016 144 millions
2017 202 millions