Fondaction: l’investissement porteur d’avenir

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Fondaction investit dans son volet transport durable depuis ses débuts, notamment en soutenant des initiatives telles que Téo Taxi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Fondaction investit dans son volet transport durable depuis ses débuts, notamment en soutenant des initiatives telles que Téo Taxi.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En 1996, lorsque Fondaction est lancé, il n’y avait pas beaucoup d’institutions financières dans le créneau du développement durable. Aujourd’hui pourtant, le fonds affiche 1,8 milliard de dollars d’actifs entièrement investis dans des PME non seulement d’ici, mais ayant fait le pari de l’économie équitable et verte. Résultat : il peut se vanter de créer et de maintenir des emplois de qualité, tout en fournissant à ses investisseurs un rendement de 8,1 % sur les douze derniers mois.

Au début du mois de février, Fondaction annonce un investissement de 3 millions dans Transtex, une entreprise qui développe et fabrique des solutions permettant à l’industrie du transport de réduire la consommation de carburant des camions et d’en améliorer la sécurité.

Une décision d’affaires qui vient compléter le volet transport durable largement développé par Fondaction depuis ses débuts. Le fonds s’investit en effet auprès notamment de Norduyn, une entreprise qui conçoit, fabrique et commercialise des équipements dont la légèreté permet aux industries de transport aérien et terrestre de réaliser d’importantes économies de carburant. Ou encore de Taxelco, plus connue sous le nom de Téo Taxi à Montréal, qui vise à électrifier l’industrie du transport en taxi. Un projet collaboratif et innovateur mis sur pied par l’homme d’affaires Alexandre Taillefer et qui se donne pour objectif d’offrir une expérience unique aux usagers du taxi, grâce entre autres à l’utilisation des technologies de l’information, et de bonnes conditions de travail à ses chauffeurs.

Cette entreprise respecte en tous points les priorités de Fondaction, à savoir la création et le maintien d’emplois de qualité dans des entreprises performantes, mais aussi socialement et environnementalement responsables.

Perspective de transition énergétique

« Notre présence auprès des entreprises s’exerce à partir de ces préoccupations, indique le président-directeur général de Fondaction, Léopold Beaulieu. L’ensemble de nos investissements contribue à promouvoir le développement durable de l’économie québécoise, notamment dans une perspective de transition énergétique et de lutte contre les changements climatiques. Bien entendu, nous le faisons aussi avec l’objectif de maintenir des emplois. »

Le secteur du transport n’est donc pas le seul secteur dans lequel Fondaction investit. Le recyclage des déchets, la production d’énergies propres ou encore l’efficacité énergétique font également partie de ses priorités.

Le fonds s’investit notamment auprès de Biomont, un projet de centrale de cogénération installé dans l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension à Montréal, qui produit de l’électricité vendue à Hydro-Québec Distribution. La chaleur résiduelle produite par les moteurs est par ailleurs récupérée et utilisée pour le chauffage des installations avoisinantes de la Tohu et du Cirque du Soleil.

Énergère, qui offre des solutions permettant de diminuer la consommation énergétique, mais aussi de réduire la quantité de gaz à effet de serre rejetée dans l’atmosphère, ou encore Enerkem, qui produit des biocarburants et des produits chimiques verts (éthanol et méthanol) en transformant des déchets non recyclables tels que des ordures ménagères, des débris de démolition ainsi que de vieux poteaux d’électricité, font également partie du portefeuille de Fondaction.

Respect des êtres et du milieu

Plus récemment, Fondaction s’est impliqué dans la société Ïohkwahs, aux côtés de la nation huronne-wendate, en investissant 12,45 millions sur les 43,75 millions nécessaires. Un engagement qui permet une acquisition de 5 % du parc éolien de la Rivière-du-Moulin, l’installation d’énergie éolienne la plus importante au Canada. Sa production électrique peut alimenter jusqu’à 77 000 foyers annuellement.

Cet investissement facilite également la réalisation de retombées économiques sur le territoire de la nation et une participation accrue de celle-ci aux décisions relatives à l’exploitation des ressources naturelles territoriales, souligne Léopold Beaulieu, qui ajoute qu’il n’y a pas de développement durable sans le respect des êtres et du milieu.

Outre ces engagements directs, Fondaction investit également dans des fonds partenaires ou spécialisés, comme dans le Fonds Carbone, premier fonds par contrat carbone à être créé au Québec et l’un des plus importants en activité dans le monde. Quelque 20 millions de dollars sont ainsi consacrés au financement de projets permettant la réduction de gaz à effet de serre. En décembre dernier, Fondaction a également pris des parts dans le nouveau Fonds Ecofioul, consacré aux entreprises de technologies propres.

« Les entreprises en technologies propres proposent des solutions innovantes aux défis d’aujourd’hui et sont des acteurs essentiels dans la lutte contre les changements climatiques, souligne le p.-d.g de Fondaction. Nous poursuivons notre engagement dans la mise en place d’initiatives de réduction de gaz à effet de serre ayant des retombées positives pour la société québécoise. »

Formation

Car voilà bien l’objectif, l’impact positif sur la société québécoise et principalement sur sa main-d’oeuvre. M. Beaulieu rappelle une étude publiée en janvier dernier et qui conclut que la transition énergétique pourrait avoir un effet positif sur la main-d’oeuvre pour peu que l’on mette le paquet sur la formation, tout particulièrement dans le contexte actuel de pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

Cette étude concertée, menée par une dizaine d’acteurs des milieux économiques, syndicaux, environnementaux, de la recherche et de l’économie sociale, dont Fondaction, postule en effet que la transition énergétique favorise l’émergence de nouveaux créneaux à fort potentiel de croissance qui pourraient grandement profiter à la main-d’oeuvre, à condition qu’elle y soit adéquatement préparée.

Il est primordial de développer de nouveaux programmes de formation et de bonifier ceux existants, initiaux ou en entreprise, afin de permettre aux travailleurs de s’adapter aux nouveaux procédés et technologies, peut-on lire.

La formation des salariés fait d’ailleurs partie des critères pris en compte par Fondaction lorsqu’il s’agit de décider d’investir ou non.

Quelque 138 000 Québécois sont aujourd’hui actionnaires de Fondaction. Par le truchement d’un régime collectif proposé par leur entreprise, puisque le fonds est présent dans 2200 lieux de travail environ, ou de façon individuelle grâce au REER Fondaction. Un REER, qui, en plus des déductions traditionnelles, donne droit à un crédit d’impôt de 35 %, souligne Léopold Beaulieu.