Modifier le Partenariat transpacifique pour satisfaire Trump ne serait «pas si facile»

Le président américain, Donald Trump, a entrouvert la porte fin janvier à un retour des États-Unis dans le Partenariat transpacifique global et progressiste.
Photo: Mandel Ngan Agence France-Presse Le président américain, Donald Trump, a entrouvert la porte fin janvier à un retour des États-Unis dans le Partenariat transpacifique global et progressiste.

Tokyo — Renégocier un nouvel accord commercial de libre-échange Asie-Pacifique pour satisfaire Donald Trump ne serait « pas si facile », a estimé mardi le négociateur japonais de ce traité qui doit être signé le 8 mars par 11 pays.

« Si les États-Unis reviennent à une attitude plus positive à l’égard du PTP, c’est quelque chose que nous accueillerons favorablement », mais « ce ne serait pas si facile » de modifier encore l’accord, a déclaré Kazuyoshi Umemoto, responsable des négociations pour le gouvernement japonais, lors d’une conférence de presse à Tokyo.

Le président américain, Donald Trump, a entrouvert la porte fin janvier à un retour des États-Unis dans le Partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP pour son sigle anglais), dont il avait claqué la porte il y a un an à son arrivée à la Maison-Blanche. Il avait toutefois précisé que cela nécessiterait d’obtenir « un bien meilleur accord », qualifiant le nouveau pacte « d’horrible ».

Après le retrait des États-Unis, les onze autres partenaires — Canada, Japon, Vietnam, Australie, Brunei, Chili, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour — ont relancé le projet et sont parvenus à un nouvel accord, qui doit être entériné le mois prochain au Chili. Il prévoit une levée des barrières douanières et des barrières non tarifaires, comme la mise en place de normes communes dans plusieurs secteurs d’activités.

« Sur un plan pratique, je ne pense pas que nous serions capables d’avoir un autre PTP dans un futur proche », a affirmé M. Umemoto, évoquant les mois de « dures et intenses négociations » pour reconstruire le texte. Le PTP à 11 pays reprend l’essentiel des éléments du PTP à 12. « Nous avons essayé de réduire au minimum les modifications » en mettant en suspens une vingtaine de règles seulement, « dont la moitié portent sur les droits de propriété intellectuelle », a-t-il précisé.

Pour entrer en vigueur, le traité doit être ratifié par au moins six pays. Le gouvernement japonais prévoit d’« achever sa procédure nationale d’ici cet été », a précisé Kazuyoshi Umemoto. « Nous espérons que le nombre déterminant de six pays sera atteint d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine », a-t-il dit, ajoutant que le traité avait été conçu « comme un système ouvert ».

Si le négociateur japonais a paru sceptique quant à un retour des États-Unis dans l’immédiat, il n’a pas exclu cette possibilité à plus long terme. « Nous ne savons pas si les États-Unis reviendront ou non dans l’accord, mais nous espérons qu’un jour ils en feront partie », a-t-il dit. Le PTP initial, signé en 2015, avait été promu par les États-Unis sous la présidence de Barack Obama, et était vu comme un contrepoids à l’influence croissante de la Chine.

L’Europe prête à réagir

Pour sa part, l’Union européenne s’est dite prête à « réagir rapidement et de manière appropriée » en cas de mesures commerciales américaines « qui affecteraient l’industrie européenne », a déclaré mardi un porte-parole de la Commission européenne. « Nous prendrions des mesures appropriées pour défendre l’industrie de l’UE », a affirmé le porte-parole, Margaritis Schinas, lors du point presse quotidien de la Commission, mais « nous ne sommes pas dans une guerre commerciale ».

Le gouvernement Trump a élaboré trois scénarios pour des taxes ou des quotas sur les importations américaines d’aluminium et d’acier, pointant la nécessité de préserver la sécurité nationale et l’emploi aux États-Unis, a dévoilé vendredi le ministère américain du Commerce. Le président Donald Trump a jusqu’au 11 avril pour trancher dans le dossier de l’acier et jusqu’au 19 avril pour l’aluminium. Tous les pays exportateurs sont concernés, en particulier la Chine.

« Nous pensons que le commerce doit être ouvert, équitable et fondé sur des règles », a déclaré le porte-parole de la Commission, ajoutant que l’UE serait « profondément préoccupée » par d’éventuelles mesures américaines.

Selon le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, la Commission se tiendrait prête à riposter sur toute une série de produits américains, du jus d’orange aux motos, en passant par le whisky. Interrogé par l’AFP sur ces affirmations, l’exécutif européen s’est refusé à tout commentaire.